Coup de sonde !
Dix ans d'Evénement syndical: le regard de son fondateur et président, Jean-Claude Rennwald

Participez à notre concours et découvrez l'interview de Jean-Claude Rennwald, fondateur et président de L'Evénement.


Le 28 avril 1998 sortait le premier numéro de L'Evénement syndical, un hebdomadaire qui remplaçait à la fois La lutte syndicale de la FTMH et Le Nouveau syndicat du SIB. Comment est né ce journal? A quelles attentes et défis répond-il et quelles sont ses perspectives? Les réponses de son fondateur et président Jean-Claude Rennwald, membre du comité directeur d'Unia et conseiller national.


Comment est née l'idée de ce journal?
La création d'un grand journal syndical était un thème récurrent à l'Union syndicale suisse. Tous les cinq à dix ans, le projet était remis sur le tapis mais il n'a jamais abouti car il s'avérait très difficile de trouver un compromis entre les six ou huit fédérations qui étaient parties prenantes. Il était à la fois plus commode et réaliste de se lancer à deux fédérations et d'ouvrir ensuite la porte aux autres en mettant l'accent sur ce qui rassemble le monde du travail. C'est ce que nous avons fait en démarrant avec la FTMH et le SIB. La FCTA nous a rapidement rejoint en 2002, suivie une année plus tard par le SEV.

Au départ, comment ce projet a-t-il été perçu par les militants et les directions des deux principaux syndicats du pays?
Cela n'a pas toujours été facile. Il a fallu convaincre un certain nombre de militants attachés à leurs journaux traditionnels et lever les barrières corporatistes. Mais le président du SIB Vasco Pedrina et la présidente de la FTMH Christiane Brunner ont toujours accordé à ce projet leur total soutien. Avant la fusion des deux fédérations, nous avons respecté les particularités des uns et des autres avec des cahiers séparés pour le SIB et la FTMH. C'est le premier projet commun aux deux fédérations qui se concrétisait avant la création d'Unia en octobre 2004. Quand le premier numéro est sorti de presse, Christiane Brunner m'a dit: «Voilà le projet dont je rêve depuis 20 ans.»

Pourquoi avoir misé d'emblée sur le professionnalisme?
Je me souviens de Peter Bodenmann (ancien président du PS suisse) qui qualifiait les journaux syndicaux de «bulletins de paroisses». Il avait en partie raison pour un certain nombre d'entre eux. Faire un journal est un métier et j'ai tenu à ce que le nôtre soit réalisé par des professionnels. Mon ancien métier de journaliste n'y est sans doute pas étranger. Avec Serge Baehler, premier rédacteur en chef de L'Evénement, nous avons pris conseil auprès de références du métier, comme Roger de Diesbach. Notre principal défi était de faire du journalisme professionnel en gardant un profond ancrage syndical. Nous devions aussi veiller à conserver une vocation de proximité, un enracinement en Suisse romande. Toutes les expériences de presse faites dans ce pays montrent qu'il n'est pas possible de gérer un journal de façon uniforme dans les trois régions linguistiques. Bien sûr, la politique syndicale - et plus particulièrement la politique conventionnelle - doit être la même de Genève à Saint-Gall en passant par Lugano. En revanche, les cultures sont très différentes et il s'agit de respecter les particularités. Je crois que cela a été bien compris.

Le bilan? Les perspectives?
Le bilan a dépassé mes espérances. Le mouvement syndical a besoin d'une presse forte. Avec près de 78'000 exemplaires aujourd'hui, nous touchons pratiquement les deux tiers des syndiqués de Suisse romande. Cela est d'autant plus important que le journal est pour un grand nombre d'adhérents le seul lien régulier avec l'appareil syndical. Notre souhait est d'élargir encore notre publication à d'autres fédérations.
Un sondage scientifique indépendant réalisé il y a quelques années a établi que L'Evénement est perçu comme un bon journal et figure parmi les plus lus dans sa catégorie. Et, malgré la valeur ajoutée du professionnalisme, il n'est pas plus cher que ses prédécesseurs. Pour la FTMH, il était plus économique que le précédent. Pour le SIB, c'est un peu différent car son journal ne paraissait que deux fois par mois.
Dans l'idéal, nous pouvons également rêver d'avoir des moyens nous permettant de faire davantage d'enquêtes. Mais restons réalistes, nous n'aurons jamais les effectifs dont dispose par exemple le journal des métallos du syndicat suédois Swenska Metal qui compte une rédaction de 20 journalistes à plein temps.
Notre objectif est de continuer à trouver un équilibre entre les aspects purement syndicaux et d'autres sujets comme la politique sociale ou la culture. A mon sens, un journal syndical doit être à la fois informatif, formateur et offrir aux lecteurs des respirations. Pour paraphraser Jean Jaurès, je dirais que nous essayons de «comprendre le réel pour aller à l'idéal».

Propos recueillis par Pierre Noverraz



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Edition n° 19/20 du 7 mai 2008

 
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