Le Barak Obama fribourgeois
Carl-Alex Ridoré, futur préfet de la Sarine? Le socialiste, homme de changement, proche des milieux ouvriers, est dans la course

«C'est un homme qui n'hésite pas à aller sur le terrain. Il a un très bon contact avec les gens. Il fera un très bon préfet. C'est une personnalité subtile et très compétente.» Vincent Brodard, secrétaire syndical SEV, ne tarit pas d'éloges sur son compatriote fribourgeois Carl-Alex Ridoré, candidat socialiste à la préfecture de la Sarine. S'il est élu préfet le 1er juin prochain, il sera le premier préfet noir de Suisse.

Discours du 1er mai

Jeudi 1er mai, sur la place Python de Fribourg, c'est Carl-Alex Ridoré qui a ouvert la partie officielle. Son discours n'est pas passé inaperçu. «De bonnes conventions collectives sont le ciment indispensable d'une véritable cohésion sociale», a-t-il déclaré. Mais pas seulement. Comme Barak Obama, Carl-Alex Ridoré défend le thème de l'ouverture et combat l'exclusion. «C'est à l'échelle de la société tout entière qu'un contrat social doit exister.» Dans son discours, le socialiste a évoqué les trois stades de la vie active: il a vanté les mérites des semestres de motivation (Semo) qui aident les jeunes à entrer dans le monde du travail; il a plaidé pour le développement des structures d'accueil de la petite enfance afin de soulager les parents qui travaillent; enfin, il a soutenu le projet d'une retraite flexible et financièrement supportable.

Fribourgeois AOC
Carl-Alex Ridoré est né à Fribourg, il y a suivi sa scolarité et effectué ses études en Faculté de droit. Il est originaire d'Haïti. «Une île perdue au milieu d'un océan.» Un pays qu'il connaît mal puisqu'il n'y est allé qu'à trois reprises. Mais la Suisse, et surtout Fribourg, il connaît sur le bout des doigts. «Il y a 40 ans, ma famille a été accueillie à Villars-sur-Glâne, non pas comme de vilains moutons noirs qu'on chasse à coups de pied, mais comme des êtres humains à part entière, comme des êtres sources de richesses, des richesses à partager et à faire fructifier ensemble.» Aujourd'hui, Carl-Alex Ridoré est si bien intégré à Villars-sur-Glâne qu'il en préside le Conseil général. Il y a deux ans, il a été élu député au Grand Conseil fribourgeois.

Médiateur et décideur
Avocat auprès de l'étude Charrière-Mauron à Bulle qui collabore avec les syndicats, Carl-Alex Ridoré est aussi médiateur indépendant. Il a achevé en 2003 une formation approfondie à la médiation et à la gestion des conflits. «La médiation sert à créer ou à rétablir un lien social. Elle est essentiellement utile pour les personnes appelées à se côtoyer sur la durée», relève le cofondateur de la Maison fribourgeoise de la médiation.
«Mais la médiation a ses limites. Comme préfet, il faut aussi trancher...» lui a fait remarquer une journaliste de La Liberté, Madeleine Joye. Réponse tout en velours de Ridoré: «Je suis depuis quelques années membre de la commission fédérale d'admission au service civil. (...) Là, on siège par groupes de trois, mais je prends mes décisions tout seul. Non seulement cela ne me pose pas de problèmes, mais je le fais avec un certain plaisir. La solitude du préfet ne me fait pas peur.»

Ex-scout et basketteur devenu chanteur
Il n'a que 36 ans, celui qui veut succéder au préfet Nicolas Deiss, mais son curriculum vitae pourrait faire croire qu'il a déjà vécu deux vies. Durant une quinzaine d'année, il a été scout. Il a joué au basket. Il a même fait partie de la sélection suisse de basket-ball junior. Puis s'est amouraché du chant qu'il pratique assidûment au sein de plusieurs chœurs. Bien entendu, Monsieur Ridoré ne faisant pas les choses à moitié, il a obtenu en 2001 un certificat d'étude de chant au Conservatoire de Fribourg. «La musique et le chant m'apportent beaucoup. C'est vraiment une nourriture.»

AC

 

Edition n° 21 du 21 mai 2008

 
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