Prebeton quitte Avenches: plus de 40 emplois concernés
Prebeton a annoncé la fermeture de son site d'Avenches et plusieurs licenciement. Unia réclame l'annulation de ces congés

Les emplois de Prebeton ne s'avèrent pas aussi solides que les matériaux qui y sont fabriqués. Mercredi 21 mai, la direction de l'entreprise a annoncé la fermeture de son unité de production d'Avenches dans le canton de Vaud, et le transfert de son activité dans les usines de Element SA à Tavel (Fribourg) et à Veltheim (Argovie). Element SA, qui se présente comme leader suisse dans le domaine de la préfabrication d'éléments en béton, avait racheté la majorité des actions de Prebeton en 2006. L'entreprise a également décidé de licencier sept employés, alors qu'une dizaine avaient déjà été remerciés depuis le début de l'année. 28 salariés devraient être réengagés à Tavel et rejoindre ainsi les quelque 140 travailleurs de ce site, situé à une trentaine de kilomètres d'Avenches.
Le syndicat Unia a réagi avec vigueur: «Cette annonce a été faite de manière scandaleuse, en violation des dispositions légales sur la consultation en cas de licenciements collectifs, sur les transferts d'entreprise et les fusions», s'indigne Armand Jaquier, secrétaire régional à Unia Fribourg. En effet, aucune information n'a été communiquée au préalable à Unia et aux travailleurs, alors que la Convention nationale des produits en béton le prévoit expressément. «Dans le cas en présence, on assiste à un licenciement collectif, d'autant que les 28 employés déplacés à Tavel seront licenciés de fait. Mais il s'agit aussi d'un transfert d'entreprise et d'une fusion, puisque Prebeton et Element SA sont en voie de fusion», explique Armand Jaquier.

Les travailleurs s'organisent
Une assemblée syndicale a rapidement été mise sur pied le lendemain même de l'annonce, et a été directement suivie par une séance de négociation entre les représentants du personnel, Unia, Syna et la direction. L'entreprise a accepté de faire démarrer la procédure de consultation à partir de ce jour. En conséquence, les travailleurs demandent que les sept licenciements abusifs soient immédiatement annulés. Ce sera la pré-condition à la poursuite des négociations qui devaient avoir lieu hier, mardi 27 mai. Les représentants des employés souhaitent sauver l'usine: «Nous ne voyons pas en l'état de raison de fermer le site d'Avenches. Notre travail sera de voir comment y sauvegarder la production», indique Armand Jaquier.

Christophe Koessler

 

Edition n° 22 du 28 mai 2008

 
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