Apprentis en or massif!
Unia lance une campagne nationale pour revaloriser les apprentissages et la formation professionnelle

Le 1er septembre, Unia a démarré une campagne nationale d'envergure pour revaloriser la formation professionnelle et améliorer les conditions de travail et les salaires des apprentis. Une campagne de sensibilisation, mais aussi de regroupement des jeunes pour faire avancer des revendications concrètes.

«Les apprentis valent de l'or!» Ils assurent la pérenité d'une branche car ils en sont les futurs spécialistes, ils favorisent l'innovation au sein des entreprises grâce aux savoirs récents acquis durant leur formation, et ils sont très tôt productifs, ce qui profite directement aux entreprises formatrices. Sur la base de ces trois aspects de l'apprentissage, Unia lance en ce début de rentrée scolaire sa première campagne nationale en faveur des apprentis, campagne destinée à revaloriser cette filière de formation et à améliorer les conditions de travail des apprentis.

Apprentis rentables
Près de 70000 jeunes débutent chaque année un apprentissage dans notre pays qui compte au total plus de 200000 apprentis. Or une étude effectuée l'année dernière auprès de 4000 entreprises par l'Université de Berne, mandatée par l'Office fédéral de la formation professionnelle, montre que les apprentis sont plus performants qu'ils ne coûtent. Selon cette étude, lors de leur dernière année de formation, les apprentis atteignent un niveau de compétence représentant les trois quarts du rendement d'un professionnel de la branche. L'étude révèle qu'environ deux tiers des apprentissages se terminent par un gain net pour les entreprises. Or les salaires des apprentis sont encore à des niveaux extrêmement bas, et parfois indécents.

Salaires à la traîne
«Il y a une année, nous avons effectué une enquête auprès des apprentis. Les résultats de cette enquête, publiés en mai dernier, montrent que la majorité des apprentis ne sont pas satisfaits de leur salaire et que celui-ci ne correspond pas au travail fourni», indique Elena Obreschkow, secrétaire syndicale de la Jeunesse Unia qui orchestre la campagne «Les apprentis valent de l'or». «L'un des objectifs de cette campagne est la revalorisation des salaires des apprentis, mais pas seulement. Nous voulons que leurs conditions de travail soient aussi améliorées, notamment en faisant en sorte qu'elles soient réglées dans les conventions collectives, ce qui est rarement le cas aujourd'hui. Pour mener à bien cette campagne, nous allons nous rendre auprès des apprentis pour leur présenter les résultats de notre enquête et les rassembler afin de définir ensemble les revendications précises et les priorités, qui peuvent varier d'un canton à l'autre», poursuit la syndicaliste.

Coûts des transports
Outre la question des salaires, qui se situent entre moins de 350 francs pour les plus bas et 1500 francs pour les plus hauts, un des problèmes soulevés par l'enquête d'Unia est celui des dépenses allouées à la formation et plus particulièrement des coûts des transports qui grèvent le budget des apprentis. Au Tessin par exemple, la Jeunesse Unia a déjà pris les devants et lancé en 2007 une initiative pour la gratuité des transports pour les apprentis, initiative qui a recueilli plus de 9000 signatures en quelques jours alors que 7000 suffisaient.
A grand renfort d'affiches, de dépliants, de cartes postales, les groupes de la Jeunesse Unia iront ces prochains mois à la rencontre des apprentis, dans les écoles professionnelles ou lors de manifestations. En Suisse romande, diverses actions sont prévues, comme en Valais cette semaine devant plusieurs écoles professionnelles, ou encore à Neuchâtel, où une présence sera assurée à la Cité des métiers de la Chaux-de-Fonds la semaine prochaine. A Genève, où les salaires des apprentis sont inclus dans les CCT cantonales de la vente et dans celle des assistantes en pharmacie, un accent particulier sera mis pour une augmentation lors des négociations de cet automne. D'autres actions auront lieu, tout particulièrement dans les métiers du tertiaire.
Unia souhaite également élargir le débat sur la reconnaissance de la formation et la satisfaction des apprentis aux enseignants des écoles professionnelles, aux responsables des entreprises formatrices, aux autorités politiques et aux associations patronales.

Sylviane Herranz


Les résultats de l'enquête d'Unia sont disponibles sous www.unia.ch/jeunesse


 

Edition n° 36 du 3 septembre 2008

 
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