La Convention nationale bientôt étendue
La force obligatoire était prévue pour le 1er octobre. Les oppositions sont en passe d'être levées

La Convention nationale (CN) du secteur principal de la construction devait être déclarée de force obligatoire pour toutes les entreprises exerçant en Suisse le 1er octobre prochain. Mais des oppositions ont vu le jour. Des oppositions qui, étonnamment, viennent tant du côté patronal que syndical. C'est même la commission paritaire genevoise du gros œuvre qui est à l'origine d'un des blocages les plus importants. Le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et de travailleurs (SIT) et le Groupe genevois des entrepreneurs (GGE) s'y sont aussi opposés dans le but d'obtenir d'abord une extension de la convention genevoise de la construction, qui a été négociée au printemps, pendant le vide conventionnel. Car la CCT genevoise apporte des avantages par rapport à la CN: «Grâce à la convention locale, la pause est rémunérée, les indemnités de repas et de transports sont plus élevées et des jours fériés supplémentaires sont payés. Au total, sans extension, un travailleur d'un autre canton embauché par une entreprise extérieure y perdrait environ 500 francs par mois si la CCT genevoise n'était pas étendue», explique Alessandro Pelizzari, secrétaire syndical à Unia Genève. D'où l'importance de l'opposition genevoise pour les travailleurs, au risque de retarder d'un mois ou deux l'extension au niveau national. Mais une solution est en passe de se dessiner dans le canton. «On est en bonne voie», indique Alessandro Pelizzari. Cette solution devrait prendre la forme d'une reprise dans la CN des dispositions de la CCT genevoise, ceci par le biais d'un accord complémentaire intégré à la Convention nationale.
L'autre opposition majeure provient de l'Association suisse des sables et graviers. Cette association, qui n'est pas membre de la Société suisse des entrepreneurs, souhaitait être exclue du champ de la convention car certains de ses membres sont actifs dans des domaines comme le recyclage ou les matériaux de construction, qu'elle estime ne pas faire partie du secteur. Un accord vient d'être trouvé avec l'Association des sables et graviers, accord qui devrait permettre de lever cette opposition.
L'extension de la Convention nationale le 1er octobre reste donc possible. Au pire des cas, elle serait reportée au 1er novembre, estime Unia.

Christophe Koessler  

 

Edition n° 38/39 du 17 septembre 2008

 
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