Cours de langue dans une fonderie biennoise
Une trentaine d'employés de Stadler SA fréquentent ces cours prévus par la CCT d'entreprise et organisés par Unia. Reportage

«Je comprends assez bien l'allemand mais j'ai envie de m'améliorer. Cela me servira dans mon travail et me permettra de mieux m'intégrer dans cette entreprise où la langue allemande est majoritaire.» Frédéric Tuot, mouleur, fait partie de la trentaine de personnes inscrites dans les cours de langues organisés par Unia Bienne-Seeland à la fonderie Stadler, dans la zone industrielle de Bienne, avec la collaboration de la direction. Une formation qui fait partie des acquis de la convention collective de travail signée en 2004 par l'entreprise et Unia.

Les mots de la fonderie
Comprenant chacun 25 leçons de une heure et demie, ces cours sont dispensés en fin d'après-midi, après le travail, par des enseignants spécialisés dans la formation continue. «C'est la première fois que je donne des leçons au sein même d'une usine», explique Mathias, le professeur d'allemand. «Cela me permet d'entrer plus facilement dans des domaines concrets. Les ouvriers peuvent enrichir le vocabulaire dont ils ont vraiment besoin tous les jours en me montrant à l'intérieur de la fonderie les machines, les outils et les procédés techniques qu'ils veulent décrire.» Son collègue Michel Blumenstein, enseigant de français au bénéfice de dix ans d'expérience dans la formation des adultes, abonde dans ce sens et apprécie ce contact direct, «enrichissant et motivant». Du côté des participants, on apprécie cette symbiose entre l'enseignement et la réalité industrielle vécue au quotidien. «La compréhension est une donnée essentielle pour moi», explique Jean-Paul Gerber, employé à la maintenance et au dépannage. «Quand un ouvrier a un problème sur sa machine, quand un ingénieur me parle de termes techniques, quand le directeur donne des directives, il faut que je puisse non seulement comprendre mais aussi répondre et dialoguer. Dans mon métier, les problèmes de compréhension peuvent générer des erreurs, des malentendus et du stress.»
Jesus Fernandez, secrétaire syndical chargé de ce dossier pour la région Unia Bienne-Seeland partage ces constats. «Ces cours ne contribuent pas seulement à augmenter les qualifications des travailleurs qui les fréquentent, ils représentent aussi un important facteur d'intégration dans cette fonderie dont le personnel est en majorité étranger. Nous organisons également des cours dans d'autres entreprises de la région. La formation fait partie intégrante des tâches du syndicat, dans l'intérêt des salariés.»

Pierre Noverraz

 

Edition n° 41 du 8 octobre 2008

 
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