Vente à Fribourg: c'est reparti pour un tour...
Les négociations reprennent le 22 janvier. Au coeur des débats, la convention collective de travail

Sur le métier, cent fois remettez votre ouvrage: voilà quel pourrait être le credo des syndicats s'engageant depuis des années pour la conclusion d'une convention collective de travail dans la vente à Fribourg. «Cela fait treize ans que ça dure», soupire Xavier Ganioz, secrétaire syndical à Unia. Pas de quoi le détourner toutefois de l'objectif poursuivi même s'il reste relativement pessimiste quant à l'issue de la prochaine séance prévue avec des délégués des grands magasins le 22 janvier. Une date arrêtée le 16 décembre dernier, au terme d'une médiation entre les différents protagonistes organisée par le Conseil d'Etat. Pour mémoire, les représentants de l'association patronale des grands distributeurs (AGDF) avaient mis un terme aux pourparlers le 27 octobre dernier. Attitude qui avait alors balayé tout espoir de trouver un terrain d'entente sur une CCT et généré le lancement d'un référendum s'opposant à l'extension des horaires d'ouverture des magasins le samedi, soit jusqu'à 17 heures au lieu de l'actuel 16 heures. «Nous avons déjà récolté 5000 signatures sur les 6000 nécessaires d'ici à la fin janvier.»

Reprise de la discussion mais...
Si les autorités ont tenté de sauver la situation, la dernière rencontre, estime Xavier Ganioz, n'a pas débouché sur grand-chose. Et pour cause. «Certaines grandes surfaces ne veulent pas de CCT à Fribourg arguant qu'il n'en existe pas de nationale. D'autres défendent leur convention maison. Quoi qu'il en soit, les délégués de l'AGDF n'avaient pas au préalable tenu une assemblée pour consulter leurs membres. Preuve qu'il n'y a pas de réelle envie d'avancer sur ce terrain mais nous ne demandons pas mieux que d'être surpris», déclare Xavier Ganioz relevant dans la foulée que les patrons voudraient pouvoir ouvrir les commerces jusqu'à 20 heures en semaine, le samedi jusqu'à 18 heures et lors des nocturnes jusqu'à 22 heures. Les partenaires sociaux continuent de leur côté à se battre pour la conclusion d'une CCT cantonale qui serait rendue de force obligatoire.

Dans la balance
«L'accord doit porter sur l'établissement de salaires minimaux, de l'ordre de 3600 à 3800 francs, une revalorisation des salaires réels, le 13e pour tous - quasi inexistant aujourd'hui - la mise en place d'une commission de contrôle paritaire, l'assurance perte de gain obligatoire et une régulation du temps de travail.» Un dernier point sur lequel insiste le syndicaliste. «Les heures supplémentaires doivent être uniquement effectuées sur une base volontaire et générer un supplément salarial ou leur récupération assortie d'une majoration en temps. Il faut aussi améliorer la gestion du temps de travail.»
En l'absence de l'introduction d'une CCT, le gouvernement a pour sa part annoncé qu'il pourrait imposer un contrat type de travail. «Une solution pour laquelle nous ne militerons pas mais, au pire, ce sera toujours mieux que rien.» Affaire à suivre.

Sonya Mermoud

 

Edition n° 1/2 du 14 janvier 2009

 
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