Râpes d'or aux entreprises non méritantes
Unia Transjurane a décerné cette distinction caustique à 4 entreprises. Et a gratifié d'un prix spécial un employeur méritant

Unia Transjurane a marqué le cap de la fin 2008 par une conférence de presse (largement relayée) consacrée au bilan positif de ses activités et aux perspectives pour 2009, année qui s'annonce difficile au vu de l'accentuation des effets de la crise. Le syndicat a profité de cette rencontre avec la presse pour inaugurer un nouvel événement à coloration satirique: le prix de la «Râpe d'or». Pour cette première édition, quatre râpes ont été décernées. Benteler Automotie à Saint-Ursanne décroche celle de la catégorie «pollution et partenariat social», eu égard à ses problèmes récurrents de rejets litigieux dans l'atmosphère ainsi que son refus de dialogue réel avec les syndicats. VR Systems à Delémont reçoit la palme de la catégorie «le casse du siècle», ceci pour avoir tiré la corde jusqu'à la faillite, sans qu'il ne reste de quoi payer ses salariés, laissant ainsi à l'Etat le soin de les rémunérer. Prisma à Porrentruy obtient la râpe dans la catégorie «un ouvrier, c'est comme une Swatch, tu le paies pas cher». Explication de Pierluigi Fedele, secrétaire régional d'Unia Transjurane: «Cette entreprise paie à ses employés, pour la plupart des frontaliers, des salaires souvent inférieurs à 3000 francs. Elle n'est pas conventionnée, mais le groupe Swatch pourrait faire pression sur ce sous-traitant afin qu'il respecte mieux les travailleurs.» Enfin, la râpe de la catégorie «pour l'ensemble de l'œuvre» est attribuée à trois petites entreprises du secteur de la construction, Varela, Perez et Rais. «Certains de leurs ouvriers sont venus spécialement du Portugal pour travailler à leur service, mais ils ne sont plus payés depuis trois ou quatre mois alors qu'ils continuent à se rendre chaque jour sur leur chantier.»
Voilà pour les mauvaises notes. Mais Unia a tenu également à faire contrepoids avec le «Prix spécial de l'alternative économique» qu'il a décerné à Sébastien Rousseau du Bémont, un chef d'entreprise de la branche horlogère qui porte une attention particulière aux conditions de travail. Il a par exemple instauré un horaire de travail complètement libre et a fait aménager dans l'entreprise une salle de repos équipée d'instruments de musique.

PN

 

Edition n° 1/2 du 14 janvier 2009

 
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