Archives du syndicat en bonnes mains
Unia Vaud a légué aux Archives cantonales vaudoises tout un pan de son histoire. Pour préserver la mémoire syndicale

Pas moins de 80 mètres linéaires de documents syndicaux ont été remis la semaine dernière aux Archives cantonales vaudoises (ACV). De quoi réjouir le directeur de l'institution, Gilbert Coutaz, qui relève la diversité et la richesse de ce pan d'histoire peu représenté dans les archives officielles. «Ces documents ont de la valeur à plus d'un titre, aussi bien en raison de leur ancienneté - le plus vieux date de 1880 - que de leur continuité et de leur originalité, notamment au niveau de la presse syndicale. Ils permettent une approche globale et systématique de la thématique» précise le directeur de l'ACV. Le legs d'Unia s'accompagne aussi d'un matériel particulier, comme une collection de drapeaux et de récompenses aux militants méritants. Autant de symboles d'une vie associative rythmée par la signature de conventions de branches, les grèves, les tensions, les victoires... Mémoire exhaustive du monde ouvrier qui ne sera toutefois pas tout de suite accessible au public. Après un premier tri effectué avec Ariane Liardon et Angelina Tunez, travaillant à l'administration d'Unia, Gilbert Coutaz devra encore procéder à l'expertise des lots, les placer dans leur contexte, rédiger les inventaires. «Nous devrions toutefois avoir terminé avant l'été.» Dernière étape d'un processus qui aura largement aussi occupé les deux collaboratrices d'Unia. «Le projet a débuté il y deux ans. Nous avons fait le tour des caves des sections du syndicat renfermant des archives pour les rapatrier à Lausanne» explique Ariane Liardon. Tri, classement par entités, régions, étiquetages... Conseillées par Gilbert Coutaz, les deux responsables, qui sont un peu la mémoire du syndicat, comptabilisant ensemble 36 années de service dans ce monde, se sont attelées à la tâche. «Il y avait de tout. De colis hermétiquement fermés à des piles de feuilles volantes retenues par une simple ficelle...» Leur connaissance de l'histoire et de la culture des différentes structures ayant précédé la création d'Unia leur aura toutefois permis de faire la part des choses entre les documents importants et les autres. Et aussi de remarquer qu'il y avait des lacunes dans la chronologie. «Nous allons maintenant effectuer des recherches pour boucher les trous.» Encore du pain sur la planche en perspective. Mais pour la bonne cause. «En collaborant avec l'ACV, nous avons l'assurance que ce patrimoine ne sera pas perdu. Tout le monde pourra y accéder par la suite.»

Sonya Mermoud

 

Edition n° 6 du 11 février 2009

 
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