Rendez-vous féminins...
A peine constitué, le groupe femmes d'Unia Neuchâtel ficelle un programme annuel alléchant grâce à des militantes engagées

A peine constitué, le groupe femmes d'Unia Neuchâtel ficelle un programme annuel alléchant grâce à un noyau de militantes enthousiastes et engagées. Présentation

«Que du plaisir!» Voilà comment Angelica Palmieri qualifie son implication dans le groupe femmes d'Unia Neuchâtel qui organise différentes activités orientées vers son public cible (voir encadré). Une entité dans laquelle elle investit temps et énergie avec enthousiasme. «Ma motivation? Elle est directement liée à ma condition de femme dans la société. Celle-ci est encore trop souvent discriminée, ne serait-ce qu'en matière de salaires» déclare la militante ayant fait de ce sujet un de ses principaux chevaux de bataille. Et pour cause, elle-même a été victime d'inégalités de traitement. «J'avais alors demandé à l'employeur en question des justifications. Une démarche très mal perçue quand bien même cette question fait partie de droits fondamentaux.»

Au cœur du nid
Aide-comptable et masseuse, Angelica Palmieri relève toutefois que les inégalités salariales ne constituent que la «pointe de l'iceberg» dans le «décalage» hommes-femmes. La rareté des femmes occupant des postes à responsabilité, leur place souvent occultée dans la vie sociale et politique motivent aussi son militantisme. «Beaucoup de pain sur la planche en perspective mais aujourd'hui le bateau du groupe femmes d'Unia tient l'eau», affirme la syndiquée qui trouve nombre de compensations à son engagement. «Une forte solidarité nous lie. Le groupe fonctionne dans un esprit de partage. C'est aussi l'occasion de faire des rencontres très intéressantes et d'obtenir des informations de première main. Nous sommes au cœur du nid, donc les mieux servies à ce niveau.» Une autre membre du groupe, Mirjana Katic, note aussi le caractère «enrichissant» de cette activité, tout en partageant les préoccupations de sa collègue militante. «J'ai toujours été sensible à la problématique des genres, des inégalités de traitement et du harcèlement, en particulier sur le lieu de travail.» Cette assistante sociale estime l'engagement d'autant plus important que sévit la crise. «Nous nous trouvons à un tournant difficile du marché de l'emploi. Une conjoncture qui expose particulièrement les travailleuses, surreprésentées dans les métiers précarisés et les temps partiels.»

Ensemble, c'est mieux
Si Mirjana Katic n'a jamais été directement victime de discriminations dans son travail, elle n'échappe pas, à 31 ans, à certaines questions relatives à un éventuel mariage ou une maternité. «On me demande quels sont mes projets. On sent alors qu'on est une femme et qu'il y a une certaine volonté à vous mettre dans le moule...» Pas de quoi déstabiliser cette battante qui voit dans le syndicat un moyen de faire avancer une cause qui lui a toujours tenu à cœur, aussi de par son métier où elle croise nombre de femmes en difficulté. «Je rencontre beaucoup de femmes divorcées, dans des situations délicates. On en discute. Certes, les choses mettent du temps à aboutir, mais il vaut la peine de lutter.» Reste que la mobilisation n'est pas toujours facile. «Peut-être parce que les femmes ne sont pas habituées à porter leurs revendications sur la place publique et encore moins sur leur lieu de travail. Il est important de casser cette gêne. Le groupe d'Unia a son rôle à jouer et peut avoir un effet rassembleur. Se battre ensemble, c'est mieux.»

Double charge...
De son côté, Laura Porpora Emma, secrétaire syndicale responsable du groupe, se réjouit de sa dynamique et souligne l'engagement et la créativité des deux militantes, «jamais à court d'idées.» Composée de cinq personnes, cette structure, mise en place l'an dernier, devrait s'élargir à une quinzaine de participantes. Les activités qui y sont développées s'adressent directement aux femmes membres du syndicat, soit environ 3000 à Neuchâtel. Un public cible toutefois difficile à atteindre. «Les femmes cumulent souvent une double charge, professionnelle et familiale», relève Laura Porpora Emma. «Les horaires peuvent aussi poser problème, notamment pour celles qui sont employées dans le tertiaire, la majorité des syndiquées après celles du domaine de l'industrie.» Quoi qu'il en soit, le groupe a envoyé son programme à l'ensemble des intéressées et prévoit également de le distribuer sur leur lieu de travail. Il le diffusera encore sur des chantiers, en espérant que les maçons ne manquent pas de le transmettre à leur compagne...
Sonya Mermoud



Au programme:

Connaître le mobbing   
lundi 23 février et mardi 10 mars à 19h30
secrétariat Unia Neuchâtel

Journée internationale des femmes   
dimanche 8 mars    

La nouvelle loi sur les allocations familiales  
lundi 20 avril, à 19h
secrétariat Unia La Chaux-de- Fonds

Fête des travailleuses et travailleurs   
vendredi 1er Mai    

Journée de l'égalité   
dimanche 14 juin        

Chef, j'ai quelque chose à vous dire   
mardi 29 septembre  à 19h30   
secrétariat Unia La Chaux-de-Fonds

Stress et burn-out, comment les combattre   
mardi 27 octobre, à 19h30
llundi 30 novembre à 19h00   
secrétariat Unia Neuchâtel


Pour plus d'informations:
laura.porpora.emma@unia.ch
www.femmes-unia.blogspot.com


 

Edition n° 7/8 du 18 février 2009

 
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