Fers de lance du monde ouvrier
Trois syndicalistes d'Unia veulent faire entendre la voix des travailleurs au Parlement valaisan

La crise frappe aussi en Valais, notamment chez Rio Tinto Alcan où l'une de ses divisions, travaillant pour l'aéronautique et les transports, est au chômage partiel depuis le début du mois. C'est dans cette situation que vont se tenir, le 1er mars prochain, les élections cantonales pour le renouvellement du Parlement et du Conseil d'Etat. Une situation qui a poussé deux membres de la commission d'entreprise de Rio Tinto Alcan à se présenter sur la liste des députés suppléants de l'Alliance de gauche du district de Sierre. Une alliance regroupant le Parti socialiste, les Verts et le Parti chrétien social.
Si Jean-Pierre Salamin, président de la commission d'entreprise de Rio Tinto Alcan, socialiste et membre d'Unia, a accepté ce défi, c'est qu'il estime que c'est dans le milieu politique qu'il pourra influencer les décisions concernant son entreprise ainsi que les difficultés rencontrées dans ses loisirs. Il faut dire que Jean-Pierre Salamin, en plus de son travail, est un petit encaveur, fin œnologue, et que tout ce qui a trait à la viticulture et à la complexité bureaucratique l'intéresse vivement! Quant à la défense du tissu industriel valaisan, ce sera bien sûr un sujet brûlant à l'avenir: «Ces prochaines années, de nombreux problèmes en rapport avec Alcan et les entreprises valaisannes seront débattus au Parlement. Le chômage technique, la correction du Rhône et l'aménagement de ses rives, le redéploiement industriel des zones assainies suite à l'arrêt des électrolyses sont des sujets importants et l'Etat devra tenir son rôle», explique-t-il. «La lutte que la commission d'entreprise mène tous les jours pour défendre les acquis durement gagnés par nos prédécesseurs est pour moi une bonne école, ajoute-t-il. Et la présence au Grand Conseil d'hommes et de femmes de la base, proches de la terre et du monde des salariés, est indispensable pour conserver un bon équilibre des forces.»

Le monde ouvrier doit être représenté
«Deux choses ont motivé ma candidature», relève Sébastien Garcia, qui entame sa 3e année au sein de la commission d'entreprise de Rio Tinto Alcan. «La première est que je suis un fils d'immigré, naturalisé suisse, et je ne peux admettre les affiches d'un certain parti qui a peur des étrangers. La Suisse a besoin d'eux et de l'Europe, ce sont les immigrés qui ont construit nos routes, nos tunnels, etc.» Ce jeune ouvrier, responsable d'équipe au contrôle qualité, est lui aussi socialiste et membre d'Unia. Il travaille depuis 10 ans chez Alcan et l'avenir de son entreprise le préoccupe. «C'est la seconde raison de mon engagement: en 2004, lors des restructurations et des licenciements, lorsqu'on aurait eu besoin des politiciens, personne n'était là. On était une usine oubliée! En me portant candidat, je souhaite faire entendre la voix des immigrés et la voix des travailleurs d'Alcan au Parlement. Très peu d'ouvriers y sont actuellement représentés.»

Complémentarité
Une raison qui pousse également une troisième syndicaliste, déjà députée suppléante, à se présenter comme députée. Francine Zufferey Molina, secrétaire syndicale à Unia Sierre, entend elle aussi porter les revendications des travailleurs au sein du Parlement valaisan. «Il faut que le monde ouvrier ait des relais au niveau politique, qu'il soit représenté au Grand Conseil où ne siègent bientôt plus que des indépendants. Dans la situation de crise dans laquelle nous sommes, c'est même primordial que des personnes défendant les salariés soient élus», dit-elle. «Etre députée est aussi complémentaire à l'action syndicale. Cela ouvre de nombreuses portes au sein de l'Etat, ce qui nous permet de mieux agir pour aider les travailleurs.» Et la militante socialiste de rappeler que la gauche n'est représentée au Grand Conseil valaisan que par 21 députés et 21 suppléants, sur un total de 130 députés et 130 suppléants...

Sylviane Herranz

 

Edition n° 7/8 du 18 février 2009

 
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