Donnons du style aux droits syndicaux
La campagne pour la réintégration de Marisa Pralong se poursuit et s'amplifie

Déléguée syndicale pour le commerce de détail du canton et présidente de la région Unia Genève, Marisa Pralong a été licenciée par Manor. Avec le soutien d'Unia, de l'Union syndicale suisse et de nombreux autres syndicalistes, elle se bat aujourd'hui pour l'annulation de son licenciement et pour le respect des droits des employés de la vente.

Il y a presque un an jour pour jour, le 12 mars 2008, Manor lançait sa nouvelle stratégie avec une «promesse de marque». Cette promesse, c'était «Donnons du style à la vie», un slogan qu'arbore encore fièrement, sur son pull noir, Marisa Pralong, vendeuse de la grande surface à Genève. Or aujourd'hui, Manor foule aux pieds cette promesse en congédiant Marisa, militante syndicale engagée pour le respect des droits de ses collègues, avec qui elle s'est battue pour tenter de mettre sur pied une commission du personnel. Marisa est également déléguée aux commissions paritaires des conventions collectives du commerce de détail genevois, et présidente d'Unia Genève depuis le début de cette année.
Dix jours après avoir dévoilé au public ce licenciement scandaleux, le 2 mars dernier (voir notre édition 9 du 4 mars), la campagne pour l'annulation du licenciement et pour la réintégration de Marisa se poursuit. Depuis cette date, des piquets ont lieu tous les jours entre midi et 14h aux quatre entrées de Manor. Un comité de soutien a été constitué avec des militants d'autres organisations, comme le Parti socialiste ou Solidarités. Samedi dernier, c'est avec des sacs rouges estampillés Unia que les clients étaient invités à faire leurs courses à l'intérieur du magasin. De son côté, la pétition exigeant la réintégration de Marisa et le respect des libertés syndicales par Manor, qu'il est possible de signer sur les stands devant le magasin ou sur Internet, a déjà recueilli plus de 3000 signatures.

Droits bafoués
Placée sous la devise «Donnons du style aux droits syndicaux», la campagne ira en s'amplifiant si la direction de Manor ne revient pas en arrière. «Nous maintenons nos actions tant que la direction ne se sera pas repositionnée, et en particulier la direction de Bâle à qui nous avons demandé une entrevue. Sans cela, des actions au niveau national pourraient être entreprises», indique Joël Varone, secrétaire syndical à Unia Genève.
«Les clients sont très réceptifs à notre engagement», poursuit le syndicaliste qui mentionne également les faux-pas faits par Manor, en particulier par des chefs de rayon qui ont convoqué, la semaine dernière, leur personnel pour leur interdire d'adresser la parole à Marisa, aux syndicalistes présents sur les piquets et aux journalistes. Certains chefs sont même allés jusqu'à menacer leurs collaborateurs de représailles s'ils parlaient. «La liberté d'expression, la liberté de pensée et la liberté d'association font partie, comme la liberté syndicale, des droits fondamentaux de l'individu. Manor veut-il vraiment s'asseoir sur ces droits?» s'insurge Unia, sur le blog dédié à ce licenciement. Un blog dont la première adresse a mystérieusement été fermée, le lendemain de la première action aux portes de Manor et de la conférence de presse qui avait suivi en présence du président de l'Union syndicale suisse, Paul Rechsteiner, et du coprésident d'Unia, Andreas Rieger.

Sylviane Herranz




Comment soutenir Marisa?

- Des stands ont lieu tous les jours de 11h30 à 14h aux entrées de Manor à Genève.
- La prochaine séance du comité de soutien est prévue ce mercredi 11 mars de 12h à 13h au secrétariat d'Unia, ch. Surinam 5, à Genève
- Pour signer la pétition en ligne: www.geneve.unia.ch
- Pour visiter le blog: http://manorabuse.blogspot.com

 

 

Edition n° 10 du 11 mars 2009

 
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