Apprentis sans frontières
Unia organise au Burkina Faso, en fin d'année, un camp humanitaire pour les apprentis

A l'initiative d'Unia Transjurane, un camp de la solidarité syndicale destiné aux apprentis et aux jeunes travailleurs se déroulera cette fin d'année à Zabré, au Burkina Faso. Une douzaine de participants se sont déjà inscrits pour cette aventure humaine de trois semaines dans laquelle il s'agira de rénover une école pour jeunes filles en travaillant avec des jeunes gens du pays.

«C'est une expérience forte qui permettra aux apprentis et aux jeunes travailleurs non seulement de mener une expérience professionnelle enrichissante mais aussi de vivre la solidarité et les échanges interculturels au quotidien, dans le terrain.» Achille Renaud, secrétaire syndical à Unia Transjurane est, avec ses collègues Jelena Ivanovic et Jean-François Donzé, l'organisateur du camp humanitaire de trois semaines au Burkina Faso initialement prévu en septembre mais reporté en fin d'année pour permettre aux apprentis de la construction de se libérer plus facilement. Ce syndicaliste n'en est pas à son coup d'essai: il avait déjà mis sur pied, dans les années 1990, deux camps d'apprentis, l'un aux Philippines pour construire un centre d'aide aux enfants des rues et l'autre au Burkina Faso, destiné aux menuisiers.

Apprentissage mutuel
Le camp est organisé en collaboration avec l'association d'entraide internationale Nouvelle Planète. Il se destine à la rénovation d'une école de jeunes filles, gérée par une association de femmes, dans le village de Zabré, au sud de la capitale, Ouagadougou. Dans l'accomplissement de leurs travaux, les participants seront associés chacun à des jeunes gens du pays. «Cette activité en duo est l'occasion de se découvrir, de nouer des liens et d'échanger des connaissances sur la manière de travailler», note Achille Renaud. «L'expérience a montré qu'au départ, les participants imaginent qu'ils devront tout apprendre à leurs collègues africains et c'est finalement souvent l'inverse qui se produit. Il découvrent les astuces du système D, la manière de se débrouiller avec trois fois rien.»
Pour l'heure, une douzaine de personnes se sont déjà annoncées partantes. «Il y a un large éventail de professions représentées: charpentiers, installateurs sanitaires, constructeurs métalliques, mécaniciens et autres métiers», note Jean-François Donzé.

Journée avec un syndicaliste africain
L'aventure démarrera bien avant le départ en Afrique: le groupe des inscrits va s'atteler ces prochains mois à la préparation du voyage. Il s'agit d'apprendre à se connaître, à s'organiser, à peaufiner le projet mais aussi à mettre sur pied des manifestations (concerts, ventes et collectes diverses) pour récolter des fonds, histoire de contribuer au financement de l'opération (1500 francs par personne pour le voyage et 700 francs pour le parrainage des jeunes travailleurs locaux). «Nous organiserons également une journée syndicale avec la participation d'un syndicaliste du Burkina Faso», précise Achille Renaud.
Cette démarche est saluée par les milieux de la formation. A Moutier par exemple, le directeur de l'école professionnelle, Gaston Sommer, n'a pas hésité à relayer dans son établissement les appels à participer à ce camp humanitaire. «C'est une expérience humaine et professionnelle qui ne peut être que bénéfique. Il s'agit également d'une occasion pour nos apprentis de découvrir d'autres horizons et de voir comment des personnes d'une autre culture font appel à des idées inventives pour palier le manque d'outils ou de matériaux.»
La première séance d'information pour les participants aura lieu le 20 mars prochain à 19 heures au restaurant du Soleil, à Saignelégier.

Pierre Noverraz

 

Edition n° 11 du 18 mars 2009

 
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