Succès du référendum contre la baisse des rentes
Unia a recueilli à lui seul plus de 60'000 signatures. En tout, 150'000 signatures seront bientôt déposées

Lancé en janvier, le référendum contre la baisse du taux de conversion a été très bien accueilli par la population. Et Unia remporte un succès d'estime en prouvant qu'il peut récolter, seul, les signatures nécessaires à un référendum.

Pour la première fois de son histoire, Unia a montré qu'il pouvait récolter à lui seul les 50000 signatures nécessaires pour faire aboutir un référendum. Le syndicat a même recueilli plus de 60000 signatures. Unia a également fédéré une large alliance d'organisations - dont le PSS, l'USS, le Parti du travail et l'Avivo - contre la baisse du taux de conversion dans le 2e pilier. Une baisse qui implique une réduction de 10% des rentes. Au total, plus de 150000 signatures ont été récoltées. Elles seront déposées le 8 avril. La votation devrait avoir lieu fin novembre ou au début de 2010.
Le point avec Aldo Ferrari, secrétaire régional d'Unia Vaud et artisan de la lutte pour que le 2e pilier reste une assurance sociale.

Unia a récolté, seul, 60000 signatures. Quelles sont les raisons de ce succès?
La baisse du taux de conversion est une attaque supplémentaire contre les rentes, les gens le voient bien. Ils en ont assez que ce soit toujours à eux de faire des sacrifices, alors que la Confédération donne des milliards à l'UBS, une société dirigée par des mégalomanes. Ce n'est pas la crise qui est à l'origine de ce succès, mais plutôt ce sentiment d'injustice. Je pense aussi que nous recueillons les fruits du travail entamé en 2003 contre le démantèlement du 2e pilier et la réduction du taux de rémunération minimal des avoirs dans la Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP).

Rien n'est encore gagné, il faut maintenant convaincre la majorité de la population de voter contre cette baisse...
Unia a un plan de campagne dans lequel il entend associer ses membres et la population, afin de mener un débat démocratique sur un régime d'assurance sociale, le 2e pilier, auquel les gens croient. Le 2e pilier ne doit en aucun cas devenir une assurance privée. Cette campagne sera aussi l'occasion d'être présent dans les entreprises, sur les chantiers, sur la place publique pour montrer qu'Unia défend les travailleurs quand ils sont actifs mais également en prévision de leurs vieux jours.
Unia a montré qu'il était crédible et que s'il lançait un référendum, il était capable de le faire aboutir, mais aussi de fédérer beaucoup de monde dans ce but. Pour la campagne, nous allons poursuivre sur cette voie.

Quelles sont les chances de succès devant le peuple?
Je ne veux pas faire de pronostic, mais avoir obtenu autant de signatures est le signe qu'Unia a visé juste, que la LPP est l'affaire des partenaires sociaux et que les gens en ont marre que l'on touche à leur retraite. Je pense que cette fois le syndrome de la peur, comme on a pu le voir pour l'âge flexible de l'AVS, ne s'imposera pas. Mais rien n'est gagné d'avance. Nos adversaires, soit les assureurs vie et une partie du monde de la gestion de finances, vont mettre des moyens considérables dans cette campagne. Si l'on veut que le 2e pilier reste une assurance sociale, il est fondamental de gagner la votation. Sinon ce sera une victoire de ceux qui font de l'assurance vie à but lucratif, au détriment de ceux qui font du 2e pilier une forme de redistribution des richesses produites par les salariés.

Propos recueillis par Sylviane Herranz

 

Edition n° 13 du 1 avril 2009

 
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