Appel au dialogue
Avec 10'000 signatures, Unia réitère à Manor sa demande de discussion et d'annulation du licenciement de Marisa Pralong

Plus de 10'000 signatures de clientes et de clients de Manor ont été recueillies en un mois pour exiger l'annulation du licenciement de Marisa Pralong, vendeuse licenciée parce qu'elle s'était exprimée sur les conditions de travail dans la vente dans la Tribune de Genève. Depuis début mars, la campagne pour sa réintégration est allée en s'amplifiant. Des piquets, des manifestations devant Manor à Genève, des actions partout en Suisse ont eu lieu (voir nos dernières éditions). 7000 signatures ont été récoltées sur la pétition demandant la réintégration de Marisa, remise il y a 10 jours à la direction de Manor à Genève. Et 3000 signatures ont été recueillies récemment sur une carte postale, envoyée à la direction du groupe à Bâle. «Les clients sont toujours aussi réceptifs, nous avons recueilli 300 signatures devant Manor à Vevey en très peu de temps», explique Virginie Grenard, secrétaire syndicale d'Unia, après l'action menée mercredi dernier dans le cadre de la 2e vague de protestation nationale d'Unia. De nombreux politiciens genevois se sont aussi engagés en faveur de Marisa Pralong, qui est également présidente d'Unia Genève.
Espérant ouvrir le dialogue au plus tôt avec la direction, Unia a annoncé la semaine passée que les actions devant les filiales de Manor étaient suspendues depuis vendredi dernier. Cela «pour que la discussion puisse se dérouler dans un climat d'ouverture». Mais à l'heure où nous écrivions ces lignes, lundi, aucun signe n'était apparu du côté de Manor à Genève. Par contre, une rencontre est prévue le 15 avril prochain entre la direction bâloise et des représentants du syndicat mondial Uni Global Union, installé à Nyon.

Crédibilité des patrons genevois en jeu
Du côté de la commission paritaire chargée de l'application de la CCT-cadre du commerce de détail genevoise, rien ne semble bouger non plus. Or cette convention dit clairement, à son article 17, qu'«il est interdit de discriminer ou de licencier un employé en raison de son activité exercée en qualité de représentant, de délégué syndical ou de membre des commissions du personnel des employés». Une disposition exemplaire en Suisse, pays qui a été condamné par l'OIT pour son absence de protection des délégués syndicaux. Mais là où le bât blesse, c'est que la sanction en cas de violation de cette disposition est dérisoire: au maximum une amende de 6000 francs...
Reste qu'il appartient aujourd'hui à la partie patronale de la commission paritaire de prendre ses responsabilités face à Manor. Unia, qui participe à cette commission, avait demandé qu'elle se réunisse et auditionne Manor, comme l'y autorise la CCT. Une première séance a eu lieu le mois dernier, mais elle n'a rien donné et Manor n'a pas été auditionné. Une prochaine séance est prévue le 21 avril. «Nous espérons que d'ici là, la partie patronale aura demandé à Manor de revenir sur le licenciement de Marisa Pralong. Il en va de la crédibilité des patrons du commerce de détail à Genève. Durant la votation sur les bilatérales par exemple, ils ont salué l'existence de cette CCT pour dire qu'il n'y avait pas de risque de dumping. Mais pour cela, il faut que ses dispositions soient respectées, et parmi elles, celle qui interdit de licencier une déléguée syndicale!» souligne Joël Varone, secrétaire syndical d'Unia Genève.

Sylviane Herranz

 

Edition n° 14/15 du 8 avril 2009

 
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