Unia organise la riposte à la crise
L'assemblée des délégués demande des mesures immédiates en matière de reconversion écologique

Samedi dernier, les délégués d'Unia se sont penchés sur l'état de santé de l'économie. Ils avancent des propositions pour lutter contre la crise et les licenciements. Des mobilisations sont prévues d'ici à l'été, et une manifestation nationale est convoquée pour le 19 septembre à Berne.

Les nuages noirs de la crise ont plané sur la centaine de déléguées et délégués d'Unia rassemblés samedi à Berne. «La crise ne fait que commencer pour les travailleurs et les retraités, et elle durera très longtemps» a lancé Andreas Rieger, coprésident d'Unia, évoquant les licenciements collectifs, les menaces qui planent sur les rentes du 2e pilier et de l'AVS et les hausses prévues des primes maladie. L'ensemble du syndicat est appelé à se mobiliser dans le cadre du plan d'action contre la crise qui culminera en septembre avec une manifestation nationale à Berne. «Les temps sont durs, mais Unia est bien positionné pour faire face à cette crise», a affirmé le coprésident, annonçant l'équilibre financier du syndicat et la croissance de ses membres. Depuis le début de l'année, Unia compte en effet 1000 adhérents de plus.

Succès encourageants
Malgré un ciel déprimé, Andreas Rieger a salué quelques succès récents, parmi lesquels la réintégration demandée par la justice de Marisa Pralong et la victoire des vingt vendeuses de Spar à Thoune, dont quatre représentantes étaient venues témoigner. «Notre force les a dépassés, ils ne vont pas oublier ça de si vite, a commenté l'une d'elles, parlant de la direction. Grâce à notre grève, nous sommes devenues une équipe, et ils nous témoignent du respect. C'est certainement notre meilleure réussite!» «Le courage et le succès de ces femmes montrent que, même en des temps difficiles, il ne faut pas se laisser faire, que même en des temps difficiles, il faut lutter contre les mauvaises conditions de travail», a ajouté Vania Alleva, responsable du secteur tertiaire d'Unia.
La discussion sur les réponses à la crise a ensuite été menée tambour battant. Bien que le Comité central ait adopté un programme en six points contre la crise, la discussion reste ouverte a assuré Andreas Rieger, car indéniablement, les textes seront amenés à évoluer. Certains délégués ont ainsi proposé de nouvelles mesures. «Il faut interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, et réfléchir à une "autorisation préalable" octroyée par l'Etat et liée à l'obligation de négocier avec les syndicats», a proposé Henri Vuilliomenet, de Neuchâtel. Jean-Marc Bonvin, délégué valaisan, propose que soit inscrite dans les CCT la nécessité de prévoir des réserves de crise. «Les horlogers ont fait des millions de bénéfices. Il y a peu, Franck Muller se pavanait encore. Et dès les premiers signes de la crise, ils licencient!»

Restructuration écologique
Dans l'immédiat, les délégués ont adopté le texte d'orientation du congrès pour une restructuration écologique et durable et une résolution dans laquelle ils demandent au Conseil fédéral la mise en place de mesures urgentes, qui devraient être intégrées à un plan de relance conséquent. Ces mesures permettraient de stopper la vague des licenciements et de créer de nouveaux emplois. Unia demande notamment de soutenir financièrement les entreprises qui se tournent vers l'écologie et d'accroître les crédits en faveur de l'innovation, de promouvoir les énergies renouvelables, d'assainir les 1,4 million de maisons qui devraient l'être en Suisse, ce qui représente un investissement de 14 milliards de francs et la création de 50000 emplois. Enfin, les délégués exigent l'encouragement des transports publics et la réalisation rapide de projets d'infrastructure ferroviaire.
Sur le terrain de la mobilisation, plusieurs échéances sont annoncées: le 15 juin, des actions auront lieu dans l'industrie, devant les entreprises; le 27 juin, ce sont les maçons qui se réuniront à Berne pour une Landsgemeinde. Et le samedi 19 septembre, à 13h30, aura lieu une manifestation nationale à Berne qui s'articulera sur trois exigences: non à la baisse des rentes, sauvegarde des emplois et garantie du pouvoir d'achat. Unia invite les autres syndicats et organisations à s'y associer.  

Première présidente de milice
Les participants ont encore élu la première présidente issue de la base de l'assemblée des délégués. Un mandat qui avait été décidé au congrès de Lugano. C'est Ursula Mattmann de Zurich, militante de longue date, qui a été élue. L'assemblée a également confirmé l'élection de Catherine Laubscher à la tête de la région Neuchâtel. Enfin, les lieux des prochains congrès ont été fixés: à Lausanne, le 4 décembre 2010, pour le congrès extraordinaire qui discutera des statuts, et à Zurich pour le congrès ordinaire de 2012.

Sylviane Herranz

 

Edition n° 23 du 10 juin 2009

 
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