Crise: arrêtez de brasser de l'air !
Lors d'une action organisée ce lundi, Unia a exigé des autorités des mesures concrètes en faveur de l'emploi

Protestant contre l'incurie des autorités face à la crise, Unia a mené lundi dernier une action devant l'entreprise Mikron SA à Boudry, à Neuchâtel. Un lieu qui accueillait ce même jour la conseillère fédérale Doris Leuthard et des représentants économiques triés sur le volet, réunis pour parler de l'emploi. Le syndicat a réclamé des mesures concrètes. Même démarche à Genève où la section régionale d'Unia et ses partenaires ont dénoncé le replâtrage d'un système reportant le poids de ses contradictions sur les salariés...

«Arrêtez de brasser de l'air. Des mesures concrètes pour l'emploi. Maintenant!»: voilà le message véhiculé lundi dernier par Unia qui menait une action devant l'entreprise Mikron SA, à Boudry (Neuchâtel). Cette démonstration a été organisée alors que Doris Leuthard et des représentants économiques triés sur le volet s'étaient réunis dans les locaux de la société pour parler de la situation du marché du travail. Sans pour autant inviter le plus grand syndicat suisse... Quoi qu'il en soit, Unia a dénoncé l'incurie des autorités face à la crise.

Un arrosoir contre un incendie!
«Le syndicat est malheureusement bien obligé de constater que le Conseil fédéral persiste à vouloir éteindre l'incendie avec un simple arrosoir. Si, faute d'investissements suffisants, l'Etat devait aggraver la crise, il s'illustrerait comme le plus grand tueur d'emplois de ce pays.» Dans ce contexte, Unia a exigé de véritables solutions comprenant un programme d'investissements efficace en faveur de la reconversion écologique, la prolongation à 24 mois de la réduction de l'horaire de travail et l'adoption de mesures propres à lutter contre le chômage des jeunes. Il demande en parallèle un maintien du pouvoir d'achat par l'augmentation massive de subsides destinés à la réduction des primes d'assurance-maladie et par le remboursement immédiat de la taxe sur le CO2.

Alerte emploi
A Genève, Unia et ses partenaires de la Communauté genevoise d'action syndicale (Cgas) se sont aussi mobilisés pour lancer une «alerte emploi», dénonçant les orientations prises jusqu'alors. «Comment réorganisent-ils "notre économie"? Avec un soutien sans limites aux banquiers; en renonçant à tout contrôle sur les activités des affairistes ou spéculateurs; en favorisant la concentration du profit; en limitant l'accès aux crédits pour provoquer des faillites...» Les manifestants ont exigé la création et la garantie des emplois pour répondre aux besoins des plus démunis et un véritable plan de sauvegarde des travailleurs en lieu et place des cadeaux aux spéculateurs. Ils ont ainsi réclamé une augmentation des prestations de chômage et de leur durée à 540 jours et la suppression des délais d'attente. Ils ont aussi demandé le maintien de l'intégralité des rentes LPP et AVS, du pouvoir d'achat, et ont dit clairement non aux licenciements dans les entreprises qui continuent à faire des bénéfices ou qui bénéficient d'aide étatique, de rabais fiscaux ou du chômage partiel.
Ces combats se poursuivront, notamment à Lausanne, le 2 septembre prochain, à 12h15 devant l'UBS, place Saint-François. Ce rassemblement est organisé en prélude à la grande manifestation nationale qui aura lieu le 19 septembre à Berne, à 13h30 à la Schützenmatte.

Sonya Mermoud

 


 

Edition n° 34 du 26 août 2009

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page