Hausse des salaires, dans l'industrie aussi !
Les représentants du personnel de l'industrie des machines exigent une augmentation jusqu'à 2%

Les négociations salariales vont démarrer dans les entreprises de l'industrie MEM. Les membres des commissions d'entreprise d'Unia réclament des hausses de salaires et fustigent l'association Employés Suisse qui renonce à cette revendication.

Le gel des salaires n'apportera aucune solution à la crise, bien au contraire. C'est le constat fait par les 100 délégués et déléguées Unia membres des commissions d'entreprise de l'industrie des machines des équipements électriques et des métaux (industrie MEM). Réunis le mardi 22 septembre à Berne, ces représentants du personnel ont défini leurs revendications salariales pour les négociations qui vont prochainement s'ouvrir au sein de leurs entreprises.

Coup de poignard dans le dos
Lors de la conférence, plusieurs délégués se sont emportés contre la décision d'Employés Suisse, association regroupant des employés de l'industrie MEM et de la chimie-pharma. Cette association, membre de la faîtière Travail.Suisse, avait annoncé la semaine précédente que les employés de ces deux branches étaient «prêts à discuter d'un renoncement provisoire à une augmentation de salaire». Pour les délégués d'Unia qui sont intervenus sur la question, cette décision de renoncer à toute augmentation de salaire est «un coup de poignard dans le dos», qui affaiblira la position des commissions du personnel et des syndicats lors des négociations, relève Unia dans un communiqué. Les représentants du personnel considèrent que la position d'Employés Suisse est «absurde sur le plan économique, car de nombreuses entreprises résistent bien à la crise et d'autres ont accumulé de confortables réserves durant la haute conjoncture».

Gel des salaires contre-productif
Les délégués estiment que même dans les entreprises durement touchées par la crise, le gel des salaires ne servirait à rien. Ces entreprises doivent au contraire recourir au chômage partiel afin de préserver leur savoir-faire et investir dans la formation continue de leur personnel afin de bénéficier de conditions optimales lors de la reprise. Un délégué a ajouté que seule une baisse des rémunérations exagérées des cadres dirigeants pourrait être envisagée.
Pour les représentants des commissions du personnel, il est clair que le gel des salaires irait aussi à l'encontre des intérêts des employeurs. Alors que les primes des caisses maladie explosent, que le chômage s'accroît, que les caisses de retraite vont procéder à de coûteux assainissements, «seules des hausses adéquates des salaires effectifs sont à même de soutenir le pouvoir d'achat et de permettre à l'économie de rapidement franchir le creux de la vague conjoncturelle», indique le communiqué.

Revendications
La conférence d'Unia des commissions d'entreprise a donc décidé de lutter dans les prochaines négociations salariales «pour des augmentations de salaire adéquates, modulées selon la situation de l'entreprise», écrit Unia. Dans ce but, trois lignes directrices ont été adoptées:
1. Augmentation des salaires effectifs jusqu'à plus 2%. Cette revendication tient compte de la marche concrète des affaires, de l'évolution de la productivité, de la situation financière et en particulier de l'évolution des salaires au cours de ces dernières années dans l'entreprise concernée.
2. Vérification et adaptation des salaires des femmes, en vue de réduire les différences de salaire importantes et en partie illégales entre les femmes et les hommes.
3. Pas de salaire minimal inférieur à 4500 francs par mois (multiplié par 13 mois) pour les travailleuses et travailleurs qualifiés et à 3800 francs par mois (x 13) pour les non-qualifiés.

L'ES

 

Les femmes refusent de travailler jusqu'à 65 ans!

Les femmes employées dans l'industrie refusent de payer les pots cassés par des dirigeants sans scrupule et s'opposent au relèvement de l'âge de la retraite à 65 ans! Telle est la position de la quarantaine de militantes et membres d'Unia qui se sont réunies le 11 septembre dernier lors de la Conférence des femmes de l'industrie du syndicat. Durant cette rencontre, elles ont discuté des moyens de mieux faire valoir leurs compétences dans leur entreprise. Elles ont également adopté une résolution qui rappelle que les conséquences de la crise sont particulièrement alarmantes dans leur secteur, avec des commandes en chute libre et un nombre de licenciements qui ne cesse d'augmenter. «En août, plus de 200000 personnes étaient à la recherche d'un emploi» relève la résolution. Et les femmes sont plus touchées que les hommes. Leur taux de chômage, de 3,9%, dépasse pour la première fois cette année le taux de chômage masculin qui est de 3,8%.
Les femmes de l'industrie s'inquiètent aussi des attaques contre les rentes, que ce soit via la baisse du taux de conversion si elle n'est pas repoussée en votation, par la péjoration de l'indexation des rentes AVS ainsi que par l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Elles s'opposent fermement à ces mesures et à toute baisse des rentes qui «frappent durement les femmes» alors qu'elles en ont particulièrement besoin pour couvrir leurs besoins vitaux. Ces baisses touchent plus durement les femmes car elles «gagnent toujours massivement moins que les hommes, travaillent fréquemment à temps partiel et dans des branches à bas salaires, ont souvent des conditions d'emploi précaires, et accomplissent la majeure partie des tâches familiales non rémunérées», précise la résolution.
Les femmes de l'industrie exigent que les responsables de la crise, soit des dirigeants du monde économique et politique, des économistes néolibéraux, et des managers sans scrupule, de sexe masculin dans leur majorité, payent eux-mêmes les pots cassés. Et elles exigent du Parlement «une politique basée sur la justice sociale et non sur des bonus supplémentaires», un programme conjoncturel qui garantisse les emplois des femmes, en crée de nouveaux et qui mise sur la formation continue. Elles demandent encore que le pouvoir d'achat soit renforcé d'une part par des réductions supplémentaires des primes maladie, et d'autre part par la réalisation de l'égalité salariale. Les travailleuses de l'industrie étaient présentes à la manifestation nationale du 19 septembre pour porter ces revendications.

L'ES

 


 

Edition n° 39 du 30 septembre 2009

 
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