Sept emplois sauvés et un plan social exigé
La direction de LN Industries veut exclure le syndicat des négociations du plan social

Le bras de fer se poursuit entre les travailleurs de LN Industries (LNI) et leur direction. Cette entreprise, qui emploie environ 130 salariés à Champagne, dans le Nord vaudois, et 90 à Genève, avait annoncé, le 10 août en pleine période de vacances, le licenciement de 40 personnes, en espérant que les congés pourraient être donnés discrètement. C'était sans compter sur la réaction d'Unia et des travailleurs, en particulier à Champagne où plusieurs assemblées se sont déroulées. Grâce à leur détermination, les salariés de LNI ont obtenu la prolongation d'un mois du délai de consultation, soit jusqu'au 18 septembre. Cependant, 20 personnes étaient déjà licenciées fin août, 8 à Champagne et 12 à Genève et la direction annonçait que les 20 autres le seraient en septembre. A Champagne, des groupes de travail ont été mis sur pied afin de trouver des économies qui permettraient de sauver des postes. A Genève, c'est la commission d'entreprise qui s'est chargée de chercher des solutions. «L'objectif de la consultation était d'éviter la 2e vague de licenciements ou de la réduire le plus possible», explique Pierre-André Charrière, secrétaire syndical à Yverdon.
Les résultats de la consultation ont été remis le 18 septembre à la direction. Au final, 2 des 7 licenciements encore prévus à Champagne ont pu être annulés, bien que le résultat des groupes de travail montrait qu'il aurait été possible d'éviter les autres suppressions de postes. A Genève, 5 places ont aussi pu être sauvées. Ce qui porte à 7 le nombre d'emplois préservés. «Ce n'est pas rien, c'est le fruit de la résistance des salariés et cela montre à nouveau que c'est une bonne chose de se mobiliser», relève le syndicaliste. Il indique également que la direction a accepté de considérer l'ensemble des licenciements comme un licenciement collectif. Ce qui implique «d'en atténuer les conséquences», comme le prévoit le Code des obligations. Et c'est là que le bât blesse aujourd'hui. Le directeur général de LNI, Patrick Yenni, refuse de négocier un plan social avec le syndicat Unia.

Mandat donné au syndicat
«Le directeur est intransigeant, il ne veut discuter qu'avec les commissions d'entreprise, alors que les travailleurs ont voté très clairement, lors d'une assemblée le 23 septembre, que les commissions et les secrétaires syndicaux devaient négocier ensemble le plan social», s'insurge Pierre-André Charrière. Malgré ce mandat de la grande majorité des salariés, la direction continue à vouloir exclure le syndicat. Pourquoi? Sans doute parce qu'elle ne propose qu'un plan social misérable: pour les salariés comptant de 0 à 10 ans de service: libération de l'obligation de travailler durant le délai de congé; pour ceux ayant entre 11 et 24 ans: un mois de salaire d'indemnité; et dès 25 ans d'ancienneté: 2 mois d'indemnité... Autrement dit: des clopinettes! Les salariés revendiquent de véritables indemnités et la prise en compte des enfants et de l'âge. Raison pour laquelle le bras de fer se poursuit pour que le syndicat, indépendant des pressions de la direction, puisse s'asseoir à la table des négociations.

Sylviane Herranz


 

Edition n° 40 du 7 octobre 2009

 
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