Mary& Max

Alignant les «blockbusters», les Etats-Unis dominent actuellement les films d'animation à portée internationale: derniers en date L'âge de glace 3 et Là-haut. Les réalisations de ce type venues d'ailleurs ne disposent de leur côté pas des mêmes moyens de promotion. Ainsi en va-t-il de Mary & Max, prénoms de deux personnages en pâte à modeler pas très sexy qui vont échanger des lettres durant près de vingt ans, seul moyen trouvé par eux pour rompre leur solitude.
Mais il n'est pas nécessaire d'être sexy pour être attachant. Mary & Max a été couronné aussi bien à Annecy, haut lieu de l'animation, qu'à Sundance, référence américaine du cinéma indépendant mondial. Et à raison! Le mouvement de la pâte à modeler est moelleux. Cette technique traduit bien la richesse de l'imagination des auteurs. L'accompagnement musical, souvent à un seul instrument délicat, se révèle pour sa part envoûtant.
Mary Daisy Dinkle, 8 ans, solitaire en surcharge pondérale, habite Melbourne et rêve d'avoir enfin un ami qu'elle cherche en consultant un annuaire téléphonique. Max Jerry Horowitz, 44 ans, habite New York et souffre de son obésité, de sa solitude, de son psychiatre et de son ironique perroquet. Un jour Mary écrit à Max qui lui répond: l'un trouve en l'autre son(sa) meilleur(e) ami(e), du reste la(le) seule(seul). Ils communiqueront dès lors par lettre manuscrite, courrier tapé sur une antique et énorme Underwood ou parfois en usant du téléphone pas encore portable. Et parleront de tout et de rien, mais pour eux des choses essentielles. On en saura ainsi beaucoup sur la maladie d'Asperger, l'amitié, l'alcoolisme, l'accouplement des chiens, l'origine des bébés, aussi bien par l'image que les mots. Recours sera fait au PS, puis au PPS, au PPPS et ainsi de suite. Dire que «ma mère aime fumer et le whisky» et voir la phrase confirmée par l'image ne tient jamais du pléonasme mais du renforcement de l'humour grâce à l'imagination finement combinée des dialoguistes et des manipulateurs. Une paire de souliers sèche comme linge sur des fils électriques, un gamin pisse en pleine rue dans une poubelle, un camion enfonce une maison, un poisson s'envole hors de son aquarium, un grille-pain brûle une lettre, Mary dit «Ah» et Max «Ouh».
Un gag toutes les trente secondes naît de l'imagination débridée des animateurs qui colorent la grisaille des tonalités les plus vives et où la tristesse de la solitude est presque éliminée par l'amitié à distance des deux personnages qui, grâce aux liens noués, se mettent à mieux vivre. Une belle sensibilité installe dans le film une constante émotion.

Freddy Landry



Billets gratuits!

Lecteurs, nous tenons à votre disposition 6 entrées gratuites pour «Mary & Max», gracieusement offert par Pathé Films.

Intéressés? Ecrivez-nous à forum@evenement.ch ou à L'Evénement syndical, place de la Riponne 4, 1005 Lausanne.

PS: Ces billets ne sont pas valables les samedis, dimanches et jours fériés.

 



 

Edition n° 40 du 7 octobre 2009

 
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