Halte au scandale des licenciements antisyndicaux
Les délégués de l'industrie des machines (MEM) veulent une meilleure protection contre tous les licenciements

Mettre fin aux licenciements antisyndicaux, garantir une meilleure protection contre les licenciements collectifs et appliquer une solution de branche pour la retraite flexible: ces thèmes ont été au centre des préoccupations des 160 délégués de la conférence de branche de l'industrie des machines (MEM). Les délégués ont également soutenu le pacte pour une Suisse productive destiné à contrer la crise à travers le financement équitable d'une politique industrielle orientée vers les énergies vertes.

L'exigence d'une meilleure protection contre les licenciements a constitué l'un des thèmes majeurs abordés le 22 octobre dernier à Berne par 160 déléguées et délégués de la conférence de la branche de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM). Dans le contexte de la crise qui frappe très lourdement cette branche exportatrice, les délégués ont déploré le fait qu'un nombre croissant d'employeurs se permettaient de procéder à des licenciements collectifs ou à des fermetures d'entreprises sans respecter leur obligation de consulter le personnel, ce qui non seulement s'avère contraire aux dispositions conventionnelles mais dénote aussi un manque de considération total des personnes touchées.
Les délégués ont appelé Swissmem, l'association faîtière du patronat de l'industrie MEM, à rappeler à ses membres leur devoir légal et conventionnel.

Licenciements antisyndicaux
Les participants à la conférence ont manifesté leur inquiétude et leur indignation face à la multiplication scandaleuse du nombre de licenciements arbitraires de membres de commissions du personnel et de militants syndicaux dans les entreprises, en violation flagrante du droit international du travail et de la liberté d'exercice des droits syndicaux. «Les militants et relais du syndicat dans les entreprises sont de plus en plus en butte à des pressions, des mesures de rétorsion, des intimidations. Et tout indique que les cas dont nous avons connaissance ne sont que la pointe de l'iceberg. Cela n'est pas tolérable», tonne Corrado Pardini, responsable du secteur industrie au comité directeur d'Unia. «Dans un récent article, le journal allemand Frankfurter Allgemeine a comparé ces pratiques à une chasse à l'homme digne des années trente en Europe, à l'époque de la montée du nazisme. En tout cas, nous sommes en train de vivre un véritable sabotage du partenariat social. Nous attendons maintenant que l'association patronale prenne ses responsabilités et mette fin à cette dérive. C'est une nécessité urgente.»

Pour une retraite anticipée
L'augmentation constante des licenciements de personnes âgées a également provoqué la ferme réprobation des délégués. Ils ont demandé une meilleure protection de l'emploi des personnes de plus de 50 ans mais aussi et surtout une solution de branche pour la mise en place d'un système de retraite anticipée. Un objectif qui figure parmi les revendications prioritaires du syndicat.
Face à la crise et à la perspective d'une augmentation du chômage, les délégués ont déploré l'immobilisme et la frilosité des autorités fédérales qui n'ont pas encore pris la réelle mesure de la montée du chômage et de la nécessité de soutenir l'emploi. Il est pourtant urgent de consolider et promouvoir des plans de relance dignes de ce nom. A cet égard, les participants à la conférence ont salué le «Pacte pour une Suisse productive», lancé le mois dernier par Unia. Pour mémoire, il s'agit d'un fonds destiné à faciliter, par le biais de prêts équitables, la reconversion écologique des entreprises de ce pays, en créant ainsi des emplois durables et en favorisant une politique industrielle d'avenir. Les délégués ont appelé les décideurs politiques et économiques à étudier de près cette solution et à mettre tout en œuvre pour la concrétiser.

Pierre Noverraz


 

Edition n° 44 du 4 novembre 2009

 
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