Les maçons acceptent une hausse des salaires de 1%
Les délégués de la construction ont accepté la proposition patronale d'augmentation générale de 1%

Les travailleurs du bâtiment devront se contenter d'une hausse de salaire d'environ 50 à 60 francs l'année prochaine, soit 1% d'augmentation pour tous. Ainsi que d'une hausse de 1 franc par jour, de 13 à 14 francs, des indemnités de repas (pour ceux d'entre eux qui oeuvrent dans des régions où ce dédommagement est actuellement inférieur à 14 francs). La conférence professionnelle du secteur principal de la construction, le « parlement» des maçons, a décidé d'accepter samedi dernier dans sa majorité la proposition de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) sur ces deux points. Faute de mieux.

Débats animés
Ce résultat plutôt mitigé des négociations entre les syndicats et la SSE a été l'objet d'une vive discussion au sein de l'assemblée et d'un vote partagé: environ un tiers des votants, en grande majorité des romands, a refusé de se contenter de cette hausse, l'estimant trop éloignée de la revendication initiale des travailleurs de 120 francs pour tous. «La santé économique du secteur est excellente et les prévisions sont bonnes pour l'année prochaine. De nombreux ouvriers ont estimé qu'une hausse de seulement 50 francs était un affront fait à la qualité de leur travail», témoigne Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d'Unia Genève. Mais un refus aurait signifié la reprise des mobilisations sur les chantiers pour obtenir davantage. Car les quatre séances de négociations qui ont eu lieu depuis cinq semaines entre les syndicats et la direction n'ont pas permis d'aller au-delà. Une majorité des délégués a finalement choisi d'en rester là...

Ne pas harmoniser par le bas
En revanche, les délégués ont décidé par consensus de rejeter la proposition de la SSE concernant la hausse des salaires minimaux contenus dans la Convention nationale de la construction (CN). L'organisation patronale voulait accorder des hausses différenciées selon les «zones» définies par la CN: soit 1,5% de hausse dans la zone verte - composée principalement du Tessin et de la Suisse centrale, où les salaires sont les plus faibles -, 0,75% dans la zone bleue - comprenant la plus grande partie de la Suisse, et des salaires moyens -, et rien dans les plus grandes zones urbaines - où les minima sont plus élevés et les syndicats mieux implantés. Le patronat justifiait cette proposition par la nécessité d'harmoniser les salaires entre les différentes régions du pays. Un argument mal perçu par les syndicats: «C'est inacceptable. Il faut effectivement harmoniser, mais en tirant tous les salaires vers le haut, pas vers le bas», explique Alessandro Pelizzari. Le syndicaliste se félicite que les maçons aient refusé cette «offre», même dans les régions qui en auraient bénéficié. «Ils se sont montrés très solidaires et ne se sont pas laissés diviser». Cette décision s'avérait aussi importante dans le contexte de la re-négociation du contenu de la convention collective nationale en 2011, lors de laquelle les syndicats seront attentifs à ne pas accepter un nivellement des conditions de travail par le bas.
Les délégués ont ensuite donné pour mandat aux syndicats de reprendre les négociations avec la SSE sur les salaires minimaux au début de l'année prochaine en vue de leur revalorisation à l'été 2010, ainsi que de réclamer une augmentation des indemnités de repas de 1 franc pour tous, et pas seulement pour ceux qui reçoivent moins de 14 francs par jour.

CK


 

Edition n° 45 du 11 novembre 2009

 
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