De l'air dans les tunnels!
La qualité de l'air est essentielle pour la santé des ouvriers. Une campagne de sensibilisation est lancée

«Les mineurs nous interpellent fréquemment sur la mauvaise qualité de l'air dans les chantiers souterrains», indique Dario Mordasini, responsable santé et sécurité à Unia. Une grève de plusieurs jours avait même été décrétée en 2002 en raison de la pollution souterraine sur le chantier des nouvelles liaisons ferroviaires de Ferden en Valais. Mais malgré les mesures prises depuis lors, les conséquences pour la vie et la santé de l'air vicié par les poussières et les particules fines restent préoccupantes: «Il y a autant de décès pour maladies professionnelles dues aux conditions de travail que d'accidents mortels dans les tunnels!», souligne le secrétaire syndical. Pour remédier à ce problème, Unia a proposé la constitution d'un large groupe de travail, réunissant le Secrétariat d'Etat à l'économie, la Suva, les employeurs et les syndicats. Ce groupe vient de lancer une campagne de sensibilisation sur ce thème qui se déroulera jusqu'à fin 2010. Une brochure d'information et un document pédagogique publiés par la Suva ont été élaborés. Secrétaires syndicaux et employeurs auront la tâche de distribuer les brochures aux travailleurs. Et des responsables de leurs organisations seront appelés à mettre en place des séances d'information sur les chantiers et lors de formations.

Responsabilité patronale
«Pour les syndicats, l'objectif est de donner un maximum de moyens aux travailleurs pour qu'ils puissent contribuer à la réalisation des mesures nécessaires et pour convaincre les employeurs d'assumer leurs responsabilités en matière de prévention», précise Dario Mordasini. Si les ouvriers trouveront dans la brochure des rappels utiles sur les façons de se protéger eux-mêmes des poussières lors des travaux, Unia rappelle qu'il incombe à l'employeur de garantir la qualité de l'air à l'intérieur du tunnel. Des normes strictes quant à la quantité admise de particules dans l'air sont en vigueur. L'entreprise doit elle-même s'assurer de la mise en œuvre des mesures techniques adéquates pour éviter le dégagement de poussières et de particules et veiller à l'apport d'air extérieur. Lorsque, malgré cela, les seuils limites sont dépassés dans une zone du tunnel, le chantier doit être suspendu à cet endroit. Les responsables sont aussi tenus de procéder à des mesures de l'air et à communiquer leurs résultats de manière compréhensible aux employés, ce qui est loin d'être toujours le cas aujourd'hui.

Quartz et diesel
Les quatre principales sources de pollution sont abordées tour à tour dans la brochure: les poussières fines de quartz, qui provoquent la silicose et des risques accrus de cancer; les poussières de béton projeté, qui peuvent irriter les voies respiratoires et occasionner des brûlures; les émissions de moteurs diesel, cancérigènes; les fumées d'explosions qui, à trop haute concentration, causent des intoxications et peuvent être mortelles. Mais la plupart du temps, les maladies ou les décès interviennent bien après l'exposition aux substances dangereuses, parfois jusqu'à 20, 30, 40 ans après. Un scénario qui rappelle celui de la fibre toxique de l'amiante. Les cas d'affection sont donc loin d'être toujours recensés, d'où l'absence de statistiques fiables. Il est donc temps que les syndicats, les employeurs et l'Etat intensifient leurs efforts!

Christophe Koessler

La brochure et le document de formation peuvent être téléchargés sur le site de la Suva: www.suva.ch/fr/suvapro ou être commandés au numéro de téléphone 041 419 59 17.


 

Edition n° 46/47 du 18 novembre 2009

 
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