Il continue à nous mener en bateau !
Le patron de Mecapro a à nouveau affiché son mépris pour ses ouvriers licenciés en raison de la faillite de son entreprise

La colère est toujours au rendez-vous chez les ouvriers licenciés de Mecapro à Penthalaz. La semaine dernière, ils se sont rendus à Conthey en Valais où leur employeur possède une autre entreprise pour lui demander notamment des certificats de travail et des attestations pour le chômage corrects. Après leur avoir annoncé qu'il les rencontrerait, le patron s'est défilé...

«Il nous a menés en bateau et continue à le faire. Si nous nous sommes rendus en Valais, c'est pour manifester notre mécontentement, exiger qu'il nous remette tous les papiers qui nous manquent et dire aux travailleurs de SOEW à Conthey que leur employeur n'est pas sérieux et qu'ils doivent se méfier!» Mardi de la semaine dernière, Vittorio Cassetta, président de la commission d'entreprise de Mecapro à Penthalaz, revient sur le mépris affiché par le patron, Olivier Sommer. Ce dernier avait mis à la porte comme des malpropres les 25 ouvriers de son entreprise à la fin octobre sans leur donner un seul centime de leur salaire (voir L'Evénement syndical du 18 novembre).
Ce mardi 24 novembre, Vittorio Cassetta s'est levé tôt. Comme une quinzaine de ses collègues. Ils ont rendez-vous à 5h à la gare de Cossonay où un bus les attend pour les conduire à Conthey en Valais, accompagnés de syndicalistes d'Unia. Car à Conthey, leur patron possède un petit atelier mécanique, SOEW SA, qui occupe sept ou huit employés, et dont il préside la société.

Scandaleux!
Les ouvriers de Mecapro sont accueillis sur place par des syndicalistes d'Unia Valais. Vers 7h30, une discussion s'engage à la porte de l'atelier avec l'associé d'Olivier Sommer. Les travailleurs demandent que ce dernier se déplace pour remplir correctement les attestations pour l'Office de chômage dont ils ont besoin suite à la faillite de l'entreprise et pour qu'il remette à chacun un certificat de travail expliquant les circonstances de leur licenciement et attestant de leurs activités et compétences. L'employeur s'était engagé à le faire le 12 novembre dernier, à la sortie du tribunal du Nord vaudois où il avait demandé la mise en faillite de son entreprise. «Ce qui m'a surpris, c'est que son associé valaisan disait "nous" quand il parlait du patron», commente Vittorio Cassetta qui explique que cet associé, après avoir entendu les travailleurs et les syndicalistes, a téléphoné à Olivier Sommer. Ce dernier s'engage à venir sur place, à 9h30. Mais alors que l'heure du rendez-vous approche, il téléphone à Blaise Carron, syndicaliste d'Unia Valais, pour lui dire qu'il ne viendra pas et que pour toute question, il faut en référer à son avocat...
Blaise Carron, comme Yves Defferrard d'Unia Vaud sont furieux face à ce revirement et à ce manque total de responsabilité. «C'est scandaleux! On ne traite pas les gens comme ça. A la sortie du tribunal, il avait promis aux ouvriers qu'il ferait tout pour qu'ils retrouvent un travail. Il leur a fourni un avenant minable à leur certificat de travail et n'a même pas été capable de leur donner des attestations pour le chômage avec des délais de congé corrects», s'indigne Yves Defferrard qui ajoute qu'Unia continuera à apporter son soutien aux travailleurs de Mecapro. Des ouvriers déterminés à se battre pour obtenir ces papiers et récupérer l'argent, fruit de leur travail, que le patron leur doit, notamment les salaires d'octobre.

Sylviane Herranz


 

Edition n° 48 du 2 décembre 2009

 
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