Halte au harcèlement sexuel!
Unia publie une brochure à l'attention des femmes harcelées sur leur lieu de travail

Après les inégalités salariales, le harcèlement sexuel est la deuxième forme de discrimination la plus fréquente. Unia a organisé vendredi dernier une conférence de presse sur le sujet, suivie d'une action symbolique, et s'engage dans des mesures concrètes pour une meilleure protection contre ce type d'agissement.

La problématique n'a rien d'anecdotique: au cours de sa vie professionnelle, une femme sur trois subit au moins une fois du harcèlement sexuel. Pour les hommes, cette proportion s'élève à un sur dix. Des chiffres révélés par deux enquêtes sur le sujet, l'une émanant du Bureau fédéral de l'égalité et du Seco, et l'autre du rapport d'évaluation de la loi sur l'égalité. Face à la fréquence du phénomène, le syndicat vient de publier, en sept langues, une brochure y relative. Un manuel pratique qui répond aux principales questions susceptibles d'être posées par les victimes potentielles de harcèlement: en quoi consiste-t-il, comment peut-on se défendre, où trouver de l'aide?... Parallèlement, le syndicat a organisé vendredi dernier une conférence de presse sur la thématique. Une occasion de sensibiliser l'opinion publique à cette pratique illicite et d'annoncer qu'il a déposé, à la session parlementaire en cours et par le biais de Franziska Teuscher, membre de la commission des femmes d'Unia et conseillère nationale verte, une motion exigeant une meilleure protection contre le harcèlement sexuel au travail.

Renverser le fardeau de la preuve
«Mon intervention au Conseil national vise à inscrire dans la loi sur l'égalité le renversement du fardeau de la preuve en cas de harcèlement sexuel» précise Franziska Teuscher. La parlementaire estime en effet que la pratique en la matière doit changer et qu'en cas de soupçon de ce type d'agissement, une enquête devrait être ouverte d'office. Cette intervention repose aussi sur le fait qu'il est d'autant plus difficile à prouver des comportements importuns qu'ils se déroulent généralement en l'absence de témoin. «Dans la situation actuelle, les victimes sont doublement punies. Premièrement par le harcèlement sexuel subi au travail. Deuxièmement parce que le fardeau de la preuve leur incombe entièrement. C'est scandaleux et absolument inacceptable», déclare l'élue relevant encore que peu de victimes osent porter plainte, craignant souvent de perdre leur emploi.

Nécessité d'un interlocuteur neutre
De son côté, Corinne Schärer, secrétaire d'Unia responsable de la politique d'égalité, relève que le harcèlement sexuel constitue la deuxième forme de discrimination la plus fréquente, après les inégalités salariales. «Il se classe même en tête dans le secteur privé où il représente 40% des cas de plaintes pour discrimination.» Déplorant «l'effrayante passivité des employeurs» - selon les enquêtes précitées, deux entreprises sur trois n'ont adopté aucune mesure pour combattre le harcèlement sexuel - la syndicaliste suggère différentes pistes susceptibles d'améliorer la situation. Parmi celles-ci, une attitude claire des dirigeants face à la problématique qui pourrait être abordée dans des règlements internes, la désignation d'un interlocuteur neutre à disposition des victimes, ou encore l'interdiction du harcèlement sexuel dans le droit du personnel et les conventions collectives de travail.

Sonya Mermoud

 


 

Edition n° 49 du 9 décembre 2009

 
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