Bobst limite les dégâts
Cent licenciements seront finalement prononcés chez Bobst, alors que la firme en avait annoncé 300. L'engagement a payé !

Unia a soutenu les employés de Bobst lors de la procédure de consultation qui a suivi l'annonce d'un licenciement collectif à Prilly et à Mex dans le canton de Vaud. Avec l'appui du syndicat, la commission du personnel a consacré 12 jours complets à l'élaboration de mesures pour éviter un maximum de congés et de pertes de postes. Pari gagné: 21 emplois sont sauvés. 100 employés seront licenciés, avec un bon plan social et environ 180 salariés partiront en retraite anticipée.

40 employés de Bobst se sont creusé les méninges pendant 2600 heures pour limiter les conséquences du plan de restructuration annoncé par la direction! En douze jours, les groupes de travail formés par la commission du personnel et Unia pendant la période de consultation ont formulé 270 propositions, principalement des mesures d'économies, visant à préserver des emplois sur les sites de Prilly et de Mex dans le canton de Vaud. Au final, sur les 300 postes supprimés annoncés le 19 novembre, 21 ont pu être sauvegardés, et une centaine de licenciements sera prononcée. Quelque 180 salariés partiront en retraite anticipée, à partir de 62 ans. Un bon plan social a aussi pu être adopté. Ces résultats satisfont autant la commission du personnel qu'Unia, qui ont travaillé d'arrache-pied aux côtés du personnel. Le syndicat a lui aussi consacré 700 heures à ce processus.

Accepté à 95%
95% des 1600 travailleurs présents à l'assemblée générale du 7 décembre dernier ont plébiscité ce résultat voté à bulletin secret. Tous reconnaissent les graves difficultés financières que traverse l'entreprise, leader mondial des machines d'emballage, durement touchée par la crise. Avec une chute du chiffre d'affaires de près de 40% au premier semestre 2009, une bonne partie du personnel avait été mis au chômage partiel depuis le début de l'année. Et les usines de Mex et de Prilly ont été fermées pendant trois semaines durant l'été.

Tristesse...
La pilule demeure toutefois amère pour les quelque 100 employés licenciés. La commission du personnel a décidé d'accompagner ces personnes jusqu'au bout. Malgré le succès de la procédure de consultation, Alain Moreillon, président de la commission du personnel, ne cachait pas son désarroi la semaine dernière: «La période la plus délicate arrive maintenant. Tout le monde est triste. Le personnel est très déçu car il s'est toujours identifié à l'entreprise. On a tous des connaissances, des amis qui sont concernés. Et par la faute du diktat des banques, on en arrive là.»

Vers un autre emploi
Bobst, qui emploie plus de 2000 salariés sur ses deux sites vaudois, a toujours eu une politique de partenariat social active et est considéré comme un exemple de société responsable dans tout le canton. Cette fois encore, l'entreprise ne dément pas sa réputation, même si les négociations se sont avérées difficiles. Aujourd'hui, le plan social devrait permettre aux employés congédiés de se retourner. En plus des indemnités, qui se montent de 3 à 12 mois de salaire selon l'ancienneté, l'âge et la situation familiale (3500 francs sont versés par enfant), Bobst mandatera une société spécialisée dans la recherche d'emploi pour aider ses anciens salariés à une réinsertion rapide. Environ 4000 francs par collaborateur remercié seront dégagés à cet effet. Des allocations seront aussi versées pour entreprendre des formations. Le financement des préretraites, relativement élevé, fait aussi partie du plan social.

Travail collectif
Au final, grâce à une collaboration étroite basée sur la confiance entre la direction, la commission du personnel et Unia, les dégâts ont été limités au maximum: «La direction nous a donné carte blanche pour élaborer des solutions. 40 employés volontaires ont pu y consacrer tout leur temps, à raison de 9 heures par jour. La direction nous a fourni toute l'information nécessaire», explique Alain Moreillon. Le président de la commission souligne aussi l'importance du soutien symbolique que le personnel de Bobst a reçu d'une quarantaine de commissions du personnel solidaires d'entreprises de toute la Suisse. Il a aussi une pensée émue pour Giancarlo Luchini, l'ex-président de la commission du personnel, décédé le 25 août dernier. «Il doit être fier de nous.»
Unia Vaud se réjouit du résultat de ce processus participatif mené en équipe. Une méthode rodée qui a fait ses preuves dans des dizaines d'entreprises de la région, indique Yves Defferrard, responsable de l'industrie à Unia Vaud. Qui, en effet, connaît mieux l'entreprise que ses employés? Qui mieux que les travailleurs sait où des économies peuvent être réalisées sans péjorer les conditions de travail?

Christophe Koessler


 

Edition n° 50 du 16 décembre 2009

 
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