Baisse des rentes ? Non !
La votation sur la révision de la LPP aura lieu le 7 mars 2010. La campagne démarre

Les passes d'armes ont débuté entre opposants et partisans de la baisse des rentes du 2e pilier via la baisse du taux de conversion. Parmi les opposants, Unia, qui avait lancé le référendum en janvier 2009, l'Union syndicale suisse et le Parti socialiste réagissent d'ores et déjà aux arguments tendancieux du Conseil fédéral, relayés par la droite du pays.

La campagne est lancée! Le 7 mars prochain, les citoyens de ce pays seront appelés à se prononcer sur la révision de la LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle), qui prévoit une baisse du taux de conversion dans le 2e pilier. En clair: une baisse des rentes pour les futurs retraités. En janvier 2009, Unia, suivi par tous les syndicats, la gauche ainsi que des organisations de défense des consommateurs, lançait le référendum contre cette baisse. Un référendum qui a connu un succès à la hauteur de cette nouvelle attaque contre les rentes: plus de 200000 signatures étaient récoltées alors qu'il en fallait 4 fois moins pour que la révision soit soumise au peuple!
Fort de ce succès, le syndicat s'apprête à partir en guerre pour la campagne de votation, car il faut encore convaincre la majorité des votants d'aller déposer un «non» dans l'urne le 7 mars. De leur côté, les partisans de la révision ont déjà ouvert les feux. Hier, un comité interparti, ratissant largement de la droite libérale aux démocrates-chrétiens en passant par l'UDC, tenait conférence de presse pour présenter ses arguments. Arguments quasi identiques à ceux du Conseil fédéral qui a officiellement lancé la campagne le 7 décembre. Ces arguments sont l'allongement de l'espérance de vie et la diminution des rendements des capitaux des caisses de pension. Des arguments vite démentis tant par Unia que par l'Union syndicale suisse (USS) et le Parti socialiste suisse.

Espérance de vie et rendements
L'espérance de vie d'abord: les gens vivent certes plus longtemps, mais cet élément a déjà été pris en compte lors de la révision de la LPP de 2003 où le Parlement avait accepté une baisse progressive du taux de conversion de 7,2% à 6,8% d'ici 2014. Avec les réserves constituées à cet effet par les caisses et la hausse de l'âge de la retraite des femmes de 62 à 64 ans, cette hausse de l'espérance de vie est d'ores et déjà couverte, estiment les syndicats. De plus, il n'y a aucune justification à baisser les rentes de 10% parce que l'espérance de vie augmente: les gens n'auront pas moins besoin d'argent parce qu'ils vivent plus longtemps...
L'évolution des rendements des capitaux ensuite: Unia rappelle que dans la prévoyance professionnelle, l'horizon des placements est à 40 ans. Or, «depuis l'introduction de la LPP, le rendement annuel moyen s'est monté à 6,25%», indique Unia, alors que le Conseil fédéral tente de faire croire que le taux moyen de 4,9% qu'il faudrait pour assurer les rentes sans toucher au taux de conversion ne pourra pas être atteint. «Prétendre connaître l'évolution future des marchés des capitaux, c'est confondre politique au sens sérieux du terme, avec lecture des astres», s'insurge l'USS.

Rapacité des assureurs
La faîtière syndicale, ainsi qu'Unia et le PS, s'en prennent également aux assureurs privés qui ont tout à gagner de la baisse du taux de conversion. Des assureurs qui ont d'ores et déjà engrangé des bénéfices considérables sur le dos des assurés, en violant la loi au besoin! «Les compagnies d'assurances n'ont pas peur de se contredire: elles attirent les actionnaires en se fixant d'ambitieux objectifs de rendement sur le capital propre. Ainsi, Zurich Financial cherche à obtenir un rendement de 16% par franc investi. Par contre, lorsqu'un bénéficiaire de rente place son avoir d'épargne auprès de la même compagnie, celle-ci prétend ne pas pouvoir lui garantir ne serait-ce qu'un rendement de 4,5%», écrit Unia, convaincu que les citoyens de ce pays ne se laisseront pas gruger et qu'ils rejetteront la baisse des rentes. Mais d'ici là, face aux énormes moyens financiers dont disposent les partisans de la révision, il reste un grand travail d'information à faire. Le syndicat invite tous ses membres à y prendre part, selon leurs possibilités.

Sylviane Herranz

Plus d'informations sous: www.vol-des-rentes.ch

 


 

Edition n° 50 du 16 décembre 2009

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page