Vendeuses opposées aux ouvertures prolongées
Un sondage d'Unia Transjurane montre que les vendeuses de Delémont rejettent majoritairement l'extension des heures d'ouverture

Un sondage organisé par Unia Transjurane auprès du personnel de la vente à Delémont révèle un net rejet de l'élargissement des heures d'ouverture et une opposition massive aux ouvertures dominicales. Transposable à l'ensemble du pays, ce sondage devrait faire réfléchir les milieux qui s'ingénient à démanteler les conditions de travail dans le commerce de détail.

On assiste ces derniers temps en Suisse à une véritable croisade de la droite politique et patronale en faveur de la prolongation des heures d'ouverture des magasins. Le Jura n'échappe pas à la règle. Le syndicat Unia Transjurane déplore notamment la régression de la situation en ville de Delémont. «Les autorités communales ne respectent plus comme auparavant le partenariat social. Elles octroient désormais des autorisations d'ouverture nocturne sans consulter le syndicat», constate le secrétaire régional Pierluigi Fedele. Résultat: six soirées prolongées en décembre dans la capitale jurassienne. La commune de Bassecourt, elle aussi, a autorisé un nombre important d'ouvertures nocturnes tandis qu'ailleurs dans le canton, les possibilités offertes par la loi ne sont guère utilisées. «C'est un peu la jungle, les ouvertures diffèrent selon les commerces et selon les communes. Le seul dénominateur commun, c'est que cette libéralisation des ouvertures se fait au détriment des conditions de travail du personnel de la vente. Nous sommes donc décidés à lutter fermement contre ce démantèlement et la meilleure façon d'y parvenir, c'est de revendiquer, à terme, une convention collective du commerce de détail à l'échelle cantonale.»

Un sondage qui dément une légende
Dans le Jura comme ailleurs, la droite patronale et politique tente de minimiser, sinon de nier, l'impact négatif qu'exerce sur le personnel la libéralisation des heures d'ouverture. Ces milieux n'hésitent pas à ressasser la légende selon laquelle les salariés de la vente seraient eux-mêmes favorables à la libéralisation. Cette légende est une fois de plus infirmée par la réalité du terrain. Unia Transjurane a diffusé récemment auprès du personnel des commerces de Delémont un questionnaire portant sur les heures d'ouverture, le stress et la santé au travail. Au total 90 vendeuses et vendeurs y ont répondu. Et le résultat est édifiant. Nous vous en livrons ci-dessous l'intégralité.

Pierre Noverraz

 

 

Résultat édifiant!

- 80% des vendeuses et vendeurs sont contre l'ouverture des magasins le vendredi à la place du jeudi, 7% sont pour, 13% sans avis.

- Plus de 90% sont contre la prolongation de l'ouverture nocturne jusqu'à 21 heures.
Dans ces deux cas de figure, celles et ceux qui sont opposés à l'extension le sont principalement pour préserver la vie sociale et familiale, mais aussi parce que cela n'apporte pas plus de clients, mais étale seulement les heures d'ouverture.

- 95% sont contre l'ouverture des magasins le dimanche. C'est le seul jour où le personnel a véritablement une vie de famille et peut se reposer.

- 64% sont prêts à se mobiliser contre l'ouverture des commerces le dimanche (manifestation, pétition).

- 40% pourraient supporter 2 nocturnes ou moins avant Noël, 40% supplémentaires seraient prêts à en supporter 3 au maximum.

- 37% vivent des situations de stress anormales et/ou des situations qui nuisent à leur santé (stress, température sur le lieu de travail trop basse ou trop élevée, impatience et agressivité des clients).

- 41% pensent que les effectifs de personnel ne sont pas suffisants par rapport à la charge de travail demandée. 12% de personnes supplémentaires pensent que les effectifs ne sont pas toujours suffisants. En règle générale, les vendeurs et vendeuses doivent accomplir toujours plus de tâches pour le même nombre d'heures de travail, mais ne sont pas indemnisés pour le travail fourni en plus.

 


 

Edition n° 51/52 du 23 décembre 2009

 
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