Reka: sept décennies de vacances sociales
Coopérative à but non lucratif, la Reka est devenue le numéro un suisse des vacances familiales

Créée en 1939 pour offrir des vacances à prix modiques aux familles salariées, la Reka est devenue au fil des décennies le premier prestataire suisse dans ce domaine, avec 1,3 million de nuitées par an. Active aussi dans le domaine des chèques préférentiels, cette coopérative à but non lucratif voue une partie de ses bénéfices au financement de vacances quasi gratuites pour les familles les plus modestes.

Sur les hauteurs de Montfaucon, dans les Franches-Montagnes, 31 petites maisons s'égrènent le long d'un réseau de sentiers parcourant un ancien pâturage boisé agrémenté d'une grande place de jeu et d'un minigolf. Dans chacune, une cuisine équipée, un salon, des chambres à coucher, une douche, des toilettes, un chauffage central et même un set comprenant 35 jeux de société pour la famille. «Nous avons également des appartements spécialement équipés pour les personnes handicapées», précise Markus Bader, responsable de ce village Reka, avec sa femme Monika. Dans la salle centrale, une animatrice est en train de repeindre un théâtre de marionnettes. Ce dernier fera partie du programme Rekalino, une prestation destinée aux enfants pendant tout leur séjour. «Ils font par exemple des bricolages, des jeux, des tournois, du sport, des excursions et participent à la réalisation de recettes de cuisine. Ils assistent aussi à des spectacles, du théâtre ou des contes. Et pour cet été, nous projetons de mettre sur pied des découvertes à la ferme.» Les bébés ne sont pas oubliés. Le site dispose d'une garderie et de tous les équipements nécessaires à leurs soins. Le hall de réception s'ouvre sur une piscine courte comprenant trois bassins, dont un jacuzzi. Et à quelques pas de là se trouve le centre de bien-être offrant saunas, massages et soins de beauté. «C'est ce qui marche le mieux.»

Vacances presque gratuites
Montfaucon est l'un des 17 villages de vacances phares de la Reka. Cette coopérative vouée à la promotion des vacances sociales et familiales est devenue au fil des décennies le numéro un helvétique dans ce créneau. L'année dernière, elle a enregistré un total de 1,3 million de nuitées dans ses 1500 logements de vacances en Suisse et ses 1000 logements en Italie, Espagne, France, Croatie et Autriche.
La coopérative étant à but non lucratif, elle n'est pas soumise aux intérêts des actionnaires. Une grande partie de son bénéfice (12 millions de francs l'année dernière) est ainsi consacrée à des aides sociales directes ou indirectes (rabais sur les chèques Reka) aux vacances. Chaque année, la Reka offre des vacances à prix symbolique (100 francs pour une semaine!) à quelque 1300 familles biparentales ou monoparentales de condition modeste. Des semaines spéciales pour mères et pères élevant seuls leurs enfants complètent cette offre qui représente ainsi un total de 50000 journées. La coopérative offre également son soutien à des personnes handicapées qui ne peuvent pas s'offrir de vacances, faute de moyens. Enfin, elle alimente un fonds «Vacances familiales» à hauteur de 2 à 4 millions de francs annuels dédié à l'amortissement rapide des lotissements de villégiature, ce qui permet d'offrir aux familles des prix de location avantageux.
Outre les locations à prix usuels, les revenus de la coopérative proviennent en grande partie des chèques Reka (voir ci-contre). Si ses prix sont abordables, c'est d'abord lié au fait qu'il n'y a ni actionnaires ni intermédiaires à rétribuer. Tout se passe de manière directe et transparente.

Performance sociale
Occupant plus de 444 personnes pour l'équivalent de 130 postes à plein temps, la Reka est administrée par des personnes représentant les employeurs, les syndicats, Coop et différentes organisations touristiques. La coopérative a été fondée en 1939, juste avant la Seconde Guerre mondiale. Les premières conventions collectives donnant aux travailleurs le droit à des vacances venaient de voir le jour mais dans cette époque marquée par la crise, les salariés de condition modeste n'avaient pas les moyens de s'en offrir. C'est sur la base de ce constat que les dirigeants de la Fédération suisse du tourisme lancèrent, avec le concours du président de l'Union syndicale suisse, l'idée d'une caisse d'épargne voyage, une formule qui prévaut encore aujourd'hui et à laquelle sont venus plus tard s'adjoindre les villages et les sites de vacances.
La Reka continue sur sa lancée. Elle entend investir ces deux prochaines années environ 30 millions de francs dans des rénovations à caractère écologique ainsi que dans le développement de nouveaux villages de vacances. «Il faut toujours être à la pointe. C'est un métier dans lequel la concurrence est très vive et nous avons le devoir de trouver constamment des formules attractives à bon marché», commente Colette Nova, vice-présidente de la Reka et secrétaire dirigeante de l'Union syndicale suisse. «Notre atout, c'est une bonne image de marque. Pas seulement auprès des vacanciers. De nombreuses communes et sociétés touristiques sollicitent notre partenariat et nos investissements. Nos activités dans le tourisme social constituent également une forme intéressante de soutien à l'économie de montagne.»
La société coopérative Reka entame cette année sa huitième décennie sans avoir pris une ride. Elle prouve quotidiennement qu'il est possible de développer une activité économique performante dans une optique sociale et sans poursuivre un but lucratif.

Pierre Noverraz

 

 

Vacances à la ferme

En plus de son offre traditionnelle, Reka propose plus de 260 logements dans des fermes pour des vacances d'été et d'hiver ou des week-ends prolongés avec, dans certains cas, la possibilité de compléter l'hébergement par un copieux petit déjeuner paysan. Ce type de séjours permet d'avoir un bon aperçu de la vie paysanne et de l'élaboration des produits du terroir tout en découvrant la campagne et les alpages. Un certain nombre d'exploitations agricoles proposent une formule de vacances pour les enfants, sans leurs parents. Les bambins, à partir de six ans, peuvent participer à des camps d'une semaine pour la découverte des activités agricoles, des animaux de la ferme et de la nature, sous la responsabilité d'un encadrement professionnel. PN

 

 

De l'argent différent

La monnaie Reka est utilisée par près de 2,5 millions de personnes en Suisse comme moyen de paiement pour les vacances, les voyages, les loisirs et différentes prestations. Quelque 8000 points d'encaissement acceptent ces chèques, au même titre que l'argent comptant. La seule différence - mais elle est de taille - c'est que l'argent Reka est acheté de 3% à 20% moins cher que sa valeur nominale. Autrement dit, la personne qui en achète pour un montant de 100 francs déboursera entre 80 et 97 francs. Le rabais est financé par la Reka et par les points de vente des chèques, à savoir quelque 4000 employeurs (à titre de prestation salariale complémentaire) ainsi que les syndicats et quelques chaînes de grands magasins. Le système existe également sous la forme d'une carte à prépaiement, la Reka-Card. L'année dernière, la dépense globale en argent Reka a atteint plus de 603 millions de francs.



Infos pratiques et offres d'Unia

Les membres Unia peuvent retirer chaque année auprès du syndicat 500 francs en chèques Reka, avec un rabais. Avec le concours de Reka, Unia offre également 50 forfaits de vacances gratuites à ses membres ayant de la peine à joindre les deux bouts. Détails sur www.unia, aller sous l'onglet membres et prestations, et ouvrir Unia&Reka dans le menu déroulant.
Pour le détail des offres Reka, voir le site www.reka.ch
A noter qu'en réservant un appartement de vacances Reka en Suisse, vous recevez le «Passeport musées suisses» qui permet à votre famille de bénéficier de l'entrée libre dans 

 


 

Edition n° 4 du 27 janvier 2010

 
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