Unia investit le Salon des frontaliers
Unia a tenu un stand au Salon des frontaliers à Annemasse pour informer les visiteurs de leurs droits

Plus de 80'000 frontaliers travaillent à Genève. Pour se faire connaître et renforcer ses liens avec eux, Unia a participé au Salon des transfrontaliers à Annemasse. La préoccupation centrale des visiteurs était toutefois de trouver un emploi. Et pour cause, dans la région, le taux de chômage dépasse allègrement les 10%.

Jeudi 4 mars, 14h. A Annemasse, près de Genève, une trentaine de personnes font la queue sous un ciel morose pour entrer au Salon des transfrontaliers. Ici, pas de belles limousines polluantes, ni de top models, mais des conseils à profusion pour les personnes qui vivent en France et travaillent en Suisse, ou ceux qui s'apprêtent à vivre cette situation. Des employés appelés «frontaliers» ou «transfrontaliers», qu'ils soient de nationalité suisse ou française. Cette population est aujourd'hui victime d'une nouvelle vague de préjugés à Genève, accusée par deux partis d'extrême droite de «venir prendre le travail des résidents genevois» ou de «faire baisser les salaires». Pour Unia, la meilleure réponse à ces injustes attaques est d'être aux côtés des frontaliers. Informer les travailleurs vivant de l'autre côté de la frontière sur les conditions de travail en Suisse, et les syndiquer, sont en effet les meilleurs moyens de prévenir le dumping social et salarial. C'est en partie pour cela qu'Unia a décidé de tenir, pour la première fois, un stand pendant les deux jours et demi du salon, qui compte une quarantaine d'exposants, et d'y donner une conférence sur les conditions d'emploi en Suisse.

Unia informe
Au stand d'Unia, les thématiques les plus diverses sont abordées. Cotisations pour la retraite, possibilités d'agir en cas de licenciement, salaires minimaux à l'embauche reviennent sur les lèvres des visiteurs. Le syndicat a préparé des fiches résumant les conditions de travail dans chaque secteur pour que tout salarié puisse en saisir l'essentiel en quelques minutes: «C'est important, tant pour ceux qui recherchent un travail en Suisse, afin qu'ils soient mieux à même de négocier leurs conditions d'embauche, que pour les personnes déjà employées, pour qu'elles puissent contrôler si leur contrat répond aux normes minimales et aux usages», explique Alain Perrat, secrétaire syndical à Unia Genève.

Trouver un job
Mais, au salon, la préoccupation centrale reste de trouver un emploi. Dans la région, le taux de chômage dépasse allègrement les 10%. Olivier, 45 ans, cherche de nouvelles missions pour compléter les quelques heures qu'il a réussi à obtenir en emploi temporaire. Il ne se montre pas vraiment intéressé par le syndicat: «Tout ce que je veux, c'est trouver du travail. Déjà qu'en tant que Français on a la réputation d'avoir une grande gueule... et de toute façon il ne faut pas trop en demander aujourd'hui.» La partie n'est pas gagnée pour Unia... D'autres sont en revanche moins résignés, comme ce jeune couple qui rêve de travailler en Suisse dans l'hôtellerie et la restauration, une lumière d'espoir dans les yeux: «On vient au salon pour prendre des informations sur les assurances sociales. C'est bien si on peut connaître les salaires pour éviter de se faire berner», explique la jeune femme.

Boîtes d'intérim
Trois sociétés de travail intérimaires sont présentes et sont assiégées, de longues files d'attente en témoignent. Ce n'est certes pas une garantie pour un emploi stable à long terme... mais ce sont les seuls employeurs qui se sont déplacés. La plupart des autres stands sont tenus par des assurances ou des banques pour qui les frontaliers représentent des perspectives de juteux bénéfices. Pas vraiment de quoi répondre aux préoccupations de la majorité. Lorsqu'un frontalier perd son emploi, il n'a droit qu'à 57% de son dernier salaire, versé par les institutions françaises. Une aberration quand on sait que les frontaliers cotisent à l'assurance chômage en Suisse, à hauteur de 150 millions de francs par année, sans que cet argent ne leur revienne... 


Christophe Koessler

 


 

Edition n° 11 du 17 mars 2010

 
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