Lonza veut biffer 193 potes
Unia demande une prolongation du délai de consultation pour réduire le nombre de personnes licenciées

Les mesures de restructuration prévues chez Lonza, à Viège, pourraient entraîner la suppression de 193 emplois. Cette annonce a été faite le 25 mars dernier par l'entreprise chimique qui prévoit une mise à la retraite anticipée de 131 personnes et le licenciement de 63 employés, dont 19 assujettis à la Convention collective de travail (CCT). Plus d'une vingtaine de personnes menacées par cette issue pourraient toutefois être replacées à d'autres postes dans la société, ce qui réduirait d'autant le nombre de licenciés. La centaine de places occupées par des temporaires passeront quant à elles à la trappe.

Délai trop court
Le délai de consultation accordé aux syndicats représentés chez Lonza a été fixé au 9 avril. Echéance jugée bien trop courte par Unia qui exige sa prolongation jusqu'au 30 du même mois. Et qui va étudier toutes les alternatives envisageables pour minimiser les licenciements. «Nous allons tout mettre en œuvre afin de trouver des solutions internes concernant les personnes relevant de la CCT et tenter ainsi d'éviter leur mise en congé», précise German Eyer, secrétaire syndical d'Unia Haut-Valais.
Les suppressions de postes ne sont pas une surprise: l'entreprise avait informé vouloir réduire les coûts de 40 millions de francs au cours de ces prochains mois en Suisse et, au niveau international, de 60 à 80 millions, précise German Eyer. Cette situation révolte néanmoins le syndicaliste sachant que Lonza a, l'an dernier, réalisé un bénéfice de 159 millions de francs. Pour ce dernier, c'est la gourmandise des actionnaires qui pose problème.

Engagement rompu
A noter encore que le contrat de formation conclu en 2008 avec l'entreprise et qui excluait les licenciements jusqu'en 2014, devra aussi faire l'objet de discussions. S'il devait effectivement être résilié, les prestations effectuées par les travailleurs soumis à la CCT - crédit en heures supplémentaires - devraient leur être alors payées. «Lonza s'était engagé à ne pas procéder à des coupes dans le personnel durant la durée de ce contrat qui s'échelonne sur six ans et prévoit annuellement 4 jours de formation non rémunérés. L'entreprise a perdu la face.»
Lonza emploie 3092 personnes en Suisse dont plus de 2800 à Viège. Parmi celles-ci, quelque 1400 sont soumises à la CCT.


Sonya Mermoud

 


 

 

Edition n° 13/14 du 31 mars 2010

 
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