Sans eau, pas de développement possible
Helvetas a sensibilisé les autorités au problème de l'eau potable dans le sud

4000 biberons déposés devant le Palais fédéral: le 22 mars dernier, Helvetas a mené une action symbolique pour rappeler que, chaque jour, 4000 enfants dans les pays du Sud meurent empoisonnés par de l'eau sale. Organisée dans le cadre de la Journée mondiale de l'eau, cette installation s'est étendue sur plus de 200 mètres carrés, occupant quasi toute la place Fédérale. Les biberons étaient disposés de sorte à former une goutte d'eau géante.

Droit humain contraignant...
L'intervention d'Helvetas avait pour but de sensibiliser la population à l'accès limité à l'eau potable dans le monde et d'inciter la Confédération à poursuivre son aide aux ONG actives dans ce domaine. «Nous voulions interpeller les autorités sur les engagements qu'elles ont pris dans le cadre des objectifs du millénaire de l'Onu, à savoir contribuer à diminuer de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable», explique Claire Fischer, attachée de presse d'Helvetas pour la Suisse romande et italienne. «Il s'agissait de leur dire: continuez à agir dans ce sens. Ne fléchissez pas vos efforts. Sans eau, il n'y a pas de développement possible.» Dans cet ordre d'idées, Helvetas souhaite que le Conseil fédéral intervienne auprès de l'Onu pour que l'accès à l'or blanc soit reconnu comme un droit humain contraignant. L'ONG demande par ailleurs qu'il alloue davantage d'argent contre la crise de l'eau dans le cadre de la coopération au développement suisse.

Aggravation prévisible
De son côté Helvetas s'est aussi fixée un objectif: réduire, d'ici à trois ans, de 1 million le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable. Contribution vitale, sachant que 900 millions d'êtres humains en sont privés. Présente dans 18 pays, l'organisation de développement ne se limite pas à mettre en place des infrastructures pour assurer la présence du précieux liquide. «Outre la construction de puits et de latrines, nous travaillons également à l'éducation de populations à l'hygiène. Nous les invitons par exemple à veiller à ne pas installer de lavoir à côté d'un puits avec le risque que des produits de lessive le polluent.» Tout un travail est ainsi effectué par Helvetas pour sensibiliser les personnes à la gestion des eaux, des eaux usées et des ressources naturelles tout en contribuant au renforcement de la société civile.
La Journée mondiale de l'eau permet, à échéance régulière de thématiser la question. Une question qui, estime Claire Fischer, ne cessera de prendre de l'ampleur. «En raison du changement climatique et de l'augmentation de la démographie, le problème va encore s'aggraver. De plus en plus de gens vont souffrir du stress hydrique.» 


Sonya Mermoud

 


 

 

Edition n° 13/14 du 31 mars 2010

 
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