34 Emplois sauvés chez PAM
La procédure de consultation etl'engagement du personnel ont permis de limiter fortement les licenciements

Les procédures de consultation ne sont pas monnaie courante dans la vente. Mais chez le détaillant valaisan PAM, une telle procédure a permis de sauver 34 emplois sur les 50 licenciements prévus. Un succès qui a été rendu possible par les bonnes conditions dans lesquelles cette consultation s'est déroulée, par le mandat donné à Unia de s'en occuper et par l'engagement du personnel. Un plan social et un soutien aux 16 personnes qui perdront leur emploi ont aussi été mis sur pied.


«Cette consultation nous a vraiment permis de limiter les licenciements. Je suis très satisfaite car il n'est pas habituel qu'une entreprise de la vente nous contacte. Et j'avoue que j'étais un peu sceptique au début, je craignais que ce ne soit une consultation alibi, ce qui n'a pas été le cas.» Francine Zufferey, secrétaire syndicale Unia à Sierre, revient sur le résultat obtenu chez le détaillant PAM, lequel avait annoncé début mars qu'il entendait licencier 50 salariés sur les 587 que compte le groupe, et effectuer des congés-modifications pour 36 autres, avec par exemple un changement de lieu ou de temps de travail.

16 licenciements
Au final, le résultat est très positif: 16 licenciements seulement ont été prononcés, début avril. 34 emplois sont donc sauvés. Quant aux congés-modifications, leur nombre reste quasi inchangé et se portent à 35. Selon la syndicaliste, ces modifications porteraient sur des changements mineurs à l'exception de 7 ou 8 personnes pour qui cela pourrait poser problème.
Rappelons qu'en même temps que PAM annonçait son intention de licencier près de 10% de son personnel en raison de la baisse de son chiffre d'affaires, l'entreprise avait contacté le syndicat Unia afin qu'il mène une consultation auprès du personnel. Ce que le syndicat a fait, principalement en Valais où la majorité des licenciements devaient avoir lieu, ainsi que dans quelques échoppes concernées du canton de Vaud. Après avoir pu rencontrer l'ensemble du personnel potentiellement touché, soit quelque 200 collaboratrices et collaborateurs dans plus de 35 magasins, et après la tenue d'assemblées du personnel régionales, Unia a soumis le résultat de la consultation à la direction de PAM.

Un instrument à ne pas prendre à la légère
«Nous avons fait des remarques d'ordre général, par exemple qu'il n'était pas possible de supprimer des postes sur les fronts de vente, où le personnel est déjà surchargé ou qu'il y avait le risque, en réduisant le personnel dans les petits magasins de villages, de devoir à terme les fermer», relève Francine Zufferey, qui a fait équipe avec les syndicalistes Blaise Carron et Sandra Formaz afin de toucher tous les points de vente concernés du canton. «Les réponses du personnel lui-même, auquel nous avons proposé d'écrire directement à la direction, ont eu un impact très important car des propositions et des avis beaucoup plus concrets ont été transmis » ajoute-t-elle, en précisant que les employées et gérantes ont participé massivement à cette démarche. La direction a en effet reçu un nombre très important de courriers, explicitant la situation dans chacun des points de vente et lui permettant de se rendre compte de la réalité sur le terrain. «La direction, très éloignée du terrain, a réalisé beaucoup de choses et en a tenu compte. Ce qui explique que nous ayons pu sauver ces 34 emplois. Cela prouve aussi que ces procédures de consultation sont un instrument important, à ne pas prendre à la légère», souligne la syndicaliste.

Plan social à finaliser
Unia a également négocié avec la direction un plan social pour les 16 personnes licenciées. Les grandes lignes ont été décidées et le plan social doit encore être finalisé. La teneur de ce plan social sera communiquée demain, jeudi 15 avril, au personnel de PAM lors d'une grande assemblée, durant laquelle seront aussi présentées l'ensemble des démarches entreprises jusque-là. Unia va également s'engager pour aider au mieux les personnes touchées afin qu'elles retrouvent rapidement du travail. 


Sylviane Herranz

 


 

Edition n° 15 du 14 avril 2010

 
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