Audemars Piguet se met à l'heure de l'égalité salariale
La firme horlogère du Bassus adopte un dispositif pour contrer les discriminations entre hommes et femmes.

La firme horlogère Audemars Piguet a accepté de participer au projet «Dialogue sur l'égalité des salaires». Elle adopte ce faisant un logiciel de gestion du personnel conçu par la Confédération et les partenaires sociaux pour déceler d'éventuelles inégalités entre hommes et femmes. Une décision prise avec la commission du personnel, en accord avec Unia.

Après le géant de la machine-outils Tornos, la prestigieuse firme horlogère Audemars Piguet adopte à son tour un système de gestion du personnel permettant de déceler et de corriger d'éventuelles inégalités salariales entre femmes et hommes. L'entreprise du Brassus, qui emploie environ 600 personnes, a en effet signé le 7 juillet dernier une convention avec la commission du personnel dans laquelle elle s'engage dans cette voie. «C'est un très bon signal. Nous souhaitons que cela puisse inspirer bon nombre d'autres entreprises car le problème des discriminations salariales reste trop souvent occulté», plaide Fabienne Blanc-Kühn, du comité directeur d'Unia, laquelle mène une campagne active en faveur de ce système. Et pour cause, les inégalités persistent et sont même en légère augmentation, ceci en violation flagrante des dispositions de la Constitution fédérale et de la loi sur l'égalité.

Un logiciel contre la discrimination
Le système adopté par Audemars Piguet s'inscrit dans le cadre du projet «Dialogue sur l'égalité des salaires» lancé par la Confédération et les partenaires sociaux en mars de l'année dernière. Une commission tripartite formée par le Seco, les syndicats et le patronat, est chargée de mettre à disposition des entreprises ces instruments leur permettant de mesurer et corriger les écarts de rémunération entre hommes et femmes. La clé du dispositif repose sur un logiciel adapté aux sociétés employant plus de 50 personnes. Nommé «Logib», il a été conçu sous mandat du Bureau fédéral de l'égalité. Son fonctionnement s'inspire des méthodes appliquées pour contrôler la parité des salaires entre hommes et femmes dans l'attribution des marchés publics de la Confédération.

Engagement positif
Julien Ithurbide, président de la commission du personnel d'Audemars Piguet ne cache pas sa satisfaction. «Je suis agréablement surpris du fait que la direction ait accepté de participer à cette démarche. Cela montre une volonté de transparence. Normalement, à poste égal, les salaires sont identiques ici. Mais il peut subsister encore quelques écarts et cela permettra de les identifier et de les corriger mais aussi de mieux évaluer les fonctions en rapport avec la pénibilité des tâches», autrement dit d'analyser le fondement des rétributions des tâches réputées typiquement féminines ou masculines. Le responsable des «salaires et avantages sociaux» de l'entreprise, Laurent Meyer, relève le «souci de clarté» manifesté par la firme: «Nous pourrons vérifier en détail la question de la parité des salaires selon les recommandations de la Confédération. Nous avons toujours été attentifs à l'égalité des salaires, mais cette méthode nous donnera l'occasion d'encore nous améliorer et de trouver d'éventuelles lacunes que nous nous engageons à combler. Cette démarche est également une bonne image de marque pour notre entreprise.» Anne-Laure Masson, secrétaire syndicale à la Vallée de Joux considère que cette attitude «montre que l'entreprise n'a rien à cacher et qu'elle respecte le partenariat social». La syndicaliste salue aussi le travail de la commission du personnel. «Elle a été reconstituée l'année dernière après quatre ans d'absence. Elle a d'emblée fait preuve de motivation.»


Pierre Noverraz



4e Conférence Unia des femmes de l'industrie
L'introduction dans les entreprises de ce système de contrôle et plus généralement du projet de «Dialogue sur l'égalité des salaires» sera le thème principal sur lequel planchera la 4e Conférence Unia des femmes de l'industrie. Elle aura lieu ce vendredi 17 septembre à Berne (renseignements auprès d'Astrid Lamouchi-Piccand au 031 350 23 39).
L'ES

 


 

Edition n° 37/38 du 15 septembre 2010

 
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