Le gâteau doit être partagé équitablement
L'offre d'augmentation de salaire pitoyable des entrepreneurs fâche les syndicats. Semaine d'action prévue

Une augmentation générale de 0,4%, soit entre 17 fr. 30 pour un aide-maçon et 20 francs pour un maçon expérimenté: voilà l'offre faite aux syndicats par la Société suisse des entrepreneurs (SSE), le 4 octobre dernier, lors de la deuxième ronde des négociations salariales. Pour Pietro Carobbio, responsable du secteur construction d'Unia Vaud, cette proposition n'est pas sérieuse. «C'est inacceptable. Les carnets de commandes sont pleins. Il y a du boulot par-dessus la tête. Tous les indices laissent entrevoir des marges et bénéfices. Le gâteau doit être partagé équitablement.»
Unia et Syna revendiquent une majoration de 150 francs par mois pour tous. Et même si les patrons se sont engagés à verser davantage à certains ouvriers, 0,4% supplémentaire, la démarche ne séduit pas les partenaires sociaux. «Les hausses individuelles ne seraient ni garanties pour certains travailleurs, ni vérifiables.»

Manque de respect
Les interlocuteurs de la SSE sont d'autant plus fâchés qu'une enquête menée auprès de 900 entreprises de la construction par le registre du commerce en ligne Moneyhouse révèle que celles-ci tablent sur des augmentations substantielles de 2,4%! Dans ce contexte, les syndicats dénoncent «un manque de respect et de valorisation du travail des maçons» alors que ceux-ci subissent toujours plus de pression et effectuent une tâche pour le moins pénible.
«Cette proposition, pour eux, est une moquerie.» Le 0,4% avancé par la SSE compense uniquement le renchérissement du coût de la vie. Il ne suffirait même pas à couvrir les hausses des primes d'assurance maladie.
Les représentants d'Unia et de Syna et de la SSE se sont fixé un nouveau rendez-vous, le 21 octobre prochain. «Si la situation n'évolue pas, nous organiserons, dès le 25 octobre, une semaine d'actions et de protestation sur des chantiers de toute la Suisse» prévient Pietro Carobbio. Affaire à suivre.

Sonya Mermoud

 

Edition n° 41 du 13 octobre 2010

 
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