On s'engage avec le coeur
L'association SOS Cris d'enfants projette de construire un centre d'accueil pour les jeunes orphelins à Haïti

L'objectif est ambitieux: construire, dans la région de Pignon, au nord-est d'Haïti, un centre d'accueil et de formation pour 2000 enfants défavorisés. Si la première pierre n'a pas encore été posée, l'association humanitaire «SOS Cris d'enfants» possède en revanche déjà le terrain - 20 hectares - et les plans, réalisés par un ingénieur suisse. Et son idée n'est pas nouvelle. Mais le manque de fonds puis le terrible séisme qui a ravagé le pays le 12 janvier dernier ont fixé provisoirement de nouvelles priorités. Aujourd'hui, l'ONG compte sur la générosité de donateurs pour concrétiser ses visées. Et organise, le 15 octobre à Genève* une assemblée pour élargir le comité, présenter son projet et les actions déjà menées par le passé.

Sur le terrain
Parmi les interventions les plus récentes, l'acheminement, au lendemain du tremblement de terre, dans la région de Hinche, sur le Haut-Plateau central d'Haïti, de deux containers de 4,2 tonnes remplis d'articles de première nécessité, récoltés auprès de la population suisse: vêtements, médicaments, denrées alimentaires... Un convoi escorté par Amos Cherfils Dubois, 39 ans, président fondateur de «SOS Cris d'enfants» et travaillant en Suisse comme garde du corps indépendant. «Nous avions organisé un repas pour 300 enfants, mais 1600 sont venus. Difficile... Là, ce sont des jeunes vêtus de nouveaux habits...» commente le responsable tout en montrant des images de l'opération. A ses côtés, une compatriote, Marie Hélène Etienne, vice-présidente de l'association. En Suisse depuis l'âge de 21 ans, cette aide-infirmière de 45 ans a toujours souhaité agir en faveur de son pays. Sa rencontre juste après le séisme avec Amos Cherfils Dubois, dans le cadre d'un rassemblement des Haïtiens de Suisse, lui en donne alors l'occasion. «Je vis dans un pays riche. Chez moi, c'est la misère. J'ai aujourd'hui la possibilité de m'investir dans des activités concrètes.»

Du vécu...
Active à Haïti, «SOS Cris d'enfants» a aussi développé des projets en République dominicaine, pays voisin où l'association a été créée, en 1995. Sa première tâche alors: aider des enfants des rues. «Nous avons commencé par un petit projet avec 7 enfants de Boca Chica, 4 Haïtiens et 3 Dominicains. Nous nous sommes chargés de leur trouver des familles d'accueil et avons assuré leur subsistance.» Une démarche particulièrement chère à Amos Cherfils Dubois qui raconte avoir lui-même passé par cette dure étape. «A l'âge de quatre ans, avec ma mère et mes deux frères, nous nous sommes réfugiés à Saint-Domingue pour des raisons politiques et économiques. Deux ans plus tard, je suis devenu un enfant des rues.» Une situation qu'il connaîtra jusqu'à l'âge de 13 ans, avant que la famille n'émigre à Majorque... Conscient d'avoir eu de la chance de s'en sortir, l'immigré n'oubliera ni sa patrie, ni son premier pays d'accueil où il effectuera plusieurs séjours. Depuis sa fondation, «SOS Cris d'enfants» a mené différentes actions. Et le président d'énumérer: en 1998, approvisionnement en eau potable de 5000 personnes à Hinche et dans le département du nord, à Haïti; de 2000 à 2007, don de 10000 uniformes scolaires (obligatoires) par an pour des écoliers démunis des deux pays; en 2006, ébauche d'un centre d'accueil dans la zone de Boca Chica pour 360 enfants (en friche faute de fonds)... Mais même si les moyens manquent, Amos Cherfils Dubois et Marie Hélène Etienne ne se découragent pas. «On le fait avec le cœur» affirment-ils, espérant drainer dans leurs pas d'autres bonnes volontés...


Sonya Mermoud

 

* Assemblée ouverte au public, le 15 octobre à 19h, salle 99, Espace de quartier, rue de Lyon, Genève.

 


 

Edition n° 41 du 13 octobre 2010

 
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