Soutien à l'apprentissage efficace
Gâce au fonds jurassien de soutien, une somme d'environ 400 000 francs par an est versée aux entreprises formatrices

En deux ans d'existence, le fonds jurassien pour le soutien aux formations professionnelles a pu verser 800000 francs aux entreprises formatrices dont le nombre a progressé de 22% en quatre ans. Ces chiffres prouvent la nécessité de cet instrument d'encouragement pour lequel Unia s'est battu en première ligne.

Le 17 juin 2007, le peuple jurassien a approuvé à une majorité de 68,6% la création d'un fonds de soutien aux formations professionnelles, rejetant ainsi le référendum lancé par une partie des milieux patronaux. Le syndicat Unia a été l'un des artisans majeurs de la campagne qui a mené à cette large approbation. Et il peut aujourd'hui s'en féliciter. «Contrairement aux craintes et aux réticences qui avaient été affichées par certains patrons, ce fonds prouve aujourd'hui qu'il représente un véritable encouragement pour les entreprises formatrices», se réjouit François-Xavier Migy, secrétaire syndical à Unia Transjurane. Ce dernier siège, avec son collègue Pierluigi Fedele, au conseil de direction du fonds tripartite, composé à parts égales de représentants de l'Etat, du patronat et du syndicat.

Partage des responsabilités
Cette satisfaction se fonde sur le bilan tiré après deux ans d'exercice. Le fonds a pu verser un montant total de 800000 francs aux entreprises du canton qui s'investissent dans la formation professionnelle. Les aides octroyées l'année dernière portent sur les cours interentreprises (336000 francs), la prise en charge des frais d'examens (100000 francs) et le financement des cours destinés aux formateurs en entreprise (20000 francs).
Le fonds est alimenté par les entreprises (privées et publiques) à hauteur de 0,05 % de leur masse salariale. Le but est de répartir plus équitablement le poids des efforts consentis pour la formation professionnelle. «Avec ce système, les entreprises non formatrices contribuent à alléger la charge de celles qui forment des apprentis» souligne François-Xavier Migy. Et cette démarche revêt également un caractère incitatif . «Quant un employeur hésite à prendre un apprenti, il sait qu'il peut compter sur une aide. Entre 2006 et 2009, le nombre d'entreprises formatrices a augmenté de 22% dans le Jura et les contrats d'apprentissage ont passé de 616 à 796 durant la même période. Ce fonds a manifestement joué un rôle important dans cette réjouissante progression, tout comme le travail de promotion du Département de la formation professionnelle.»

Voir plus loin
A noter que six organisations professionnelles actives notamment dans l'hôtellerie, la menuiserie, la plâtrerie-peinture ou la boulangerie ont été libérées de l'obligation de cotiser à ce fonds cantonal, cela parce qu'elles contribuent déjà à alimenter un fonds de formation spécifique à leur branche. Mais rien n'est figé. En atteste l'Association jurassienne des menuisiers, charpentiers et ébénistes, elle aussi exonérée, ce qui ne l'empêche pas d'envisager de réintégrer le fonds, au motif qu'elle organise un grand nombre de cours interprofessionnels. Autre bonne nouvelle: les frais de fonctionnement du fonds ne s'élèvent qu'à 10% des recettes au lieu des 13% initialement prévus.
La portée de ce système est appelée à s'élargir. «Nous proposons de contribuer au financement de mesures qui favorisent l'obtention d'un CFC en cours d'emploi. Nous souhaitons également mieux promouvoir la validation des acquis professionnels fondés sur l'expérience. Cela nous semble d'autant plus nécessaire qu'on estime à environ 50% la proportion de personnel dit non qualifié dans l'industrie jurassienne, ce qui ne reflète pas l'état des capacités réelles, sinon il faut se demander comment ces gens sont capables de fabriquer des montres ou des produits haut de gamme.» Faire reconnaître les compétences professionnelles revient à officialiser le degré de qualification, ce qui se traduit aussi par une incidence positive sur les salaires. Un pas de plus vers l'équité.

Pierre Noverraz

 

Coup de pouce pour les personnes peu qualifiées

Le canton de Fribourg a lancé le mois dernier un projet pilote de chèques-formation au bénéfice de personnes faiblement qualifiées. Dans un premier temps, cette nouveauté s'adresse aux personnes domiciliées à Fribourg et dans la Glâne. Le chèque d'une valeur maximale de 800 francs vise à réduire les inégalités face à la formation continue et à favoriser l'insertion professionnelle et sociale. «Il s'agit d'encourager l'émancipation par le savoir, de contribuer à l'intégration des migrants et de faire en sorte que des personnes à faible revenu puissent se reconvertir ou se perfectionner», précise Xavier Ganioz, secrétaire syndical Unia à Fribourg et député socialiste au Grand conseil fribourgeois (législatif). Ce dernier est l'incitateur de ce projet, à travers le dépôt d'une motion parlementaire acceptée à l'unanimité. «En menant mon enquête, j'ai pu constater qu'il y avait une faille importante dans le dispositif d'aide à la formation. En effet, il n'existe dans le canton que deux formes d'appui: les bourses d'études et la défiscalisation des cours.»
Le syndicaliste s'est inspiré d'un modèle qui fait ses preuves à Genève. Il a été appuyé dans sa démarche par le directeur de l'Union patronale fribourgeoise, Jean-Pierre Siggen. Le chèque-formation vise les personnes qui n'ont pas poursuivi d'études et ne sont en possession ni de CFC, ni d'attestation de formation. Les candidats doivent être âgés de plus de 25 ans. Leurs demandes sont à formuler avant le 31 décembre prochain. «Les personnes du canton domiciliées ailleurs qu'à Fribourg ou la Glâne sont également invitées à manifester leur intérêt car le projet est appelé plus tard à s'étendre à tout le canton», souligne Xavier Ganioz.

PN

Renseignements et inscriptions au Service de l'orientation professionnelle et de la formation des adultes, à Fribourg, au 026 305 41 86 ou sur le site www.orientationfr.ch.

 




 

Edition n° 42/43 du 20 octobre 2010

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page