Rues féminines
A Lausanne, les femmes du Collectif du 14 juin ont rebaptisé quelques rues pour sensibiliser la population à l'inégalité

L'échéance du 14 juin, journée nationale de grève et d'actions commémorant les 30 ans de l'inscription de l'égalité dans la Constitution et les 20 ans de la grève des femmes, approche. Dans tous les cantons, des collectifs s'affairent pour la préparer. Etape à Lausanne, le 14 avril, soit deux mois jour pour jour avant la journée nationale.


Le 14 juin 2011 se prépare de manière active en Pays de Vaud! Depuis le début de l'an, le Collectif vaudois du 14 juin se manifeste publiquement chaque mois pour rappeler aux femmes du canton cette échéance importante de la lutte pour l'égalité. Une échéance qui marquera les 30 ans du vote de l'article constitutionnel sur l'égalité et les 20 ans de la première grève des femmes. A cette occasion, des actions et des grèves seront organisées pour exiger une fois de plus la traduction dans les faits de l'égalité entre les sexes.
Le 14 avril dernier, une trentaine de membres du Collectif vaudois a manifesté en renommant symboliquement quelques rues lausannoises par des patronymes de femmes ayant marqué le mouvement féministe et le combat pour leur émancipation. Ainsi, l'avenue Benjamin Constant est devenue avenue Carole Roussopoulos, vidéaste et militante féministe décédée en 2009 en Valais; la place Pépinet a pris le nom de place Emilie Gourd, pionnière du féminisme au début du siècle passé; la rue du constructeur du Grand-Pont, la rue Pichard, est devenue rue Margarethe Fass-Hardegger, première secrétaire femme de l'Union syndicale suisse; la rue du banquier Haldimand a cédé sa place à Antoinette Quinche, première avocate vaudoise et la place de l'Europe à Ella Maillart, voyageuse, écrivaine et seule femme à participer à des régates olympiques en 1924! Dernière étape du collectif: la rue St-Laurent, haut lieu du commerce lausannois, qui a été rebaptisée rue des Caissières, en l'honneur de ces travailleuses courageuses.

Appel à s'associer aux préparatifs
«Notre action a interpellé beaucoup de monde. Il n'existe en effet qu'une infime partie des rues ou places existantes portant le nom de femmes. Nous avons symboliquement posé le doigt sur un détail qui cache la montagne des inégalités!» relève Camille Kroug, secrétaire de l'Union syndicale vaudoise. Elle est également l'une des animatrices du Collectif vaudois du 14 juin auquel participent de nombreuses syndicalistes ainsi que des femmes d'autres horizons. Camille Kroug souligne encore que la pose de la plaque de la rue des Caissières a eu un grand succès, les passants étant très sensibles aux pénibles conditions de travail de ces salariées.
Dans le prolongement de cette action, la syndicaliste lance un appel à toutes les femmes du pays qui souhaitent s'associer à la préparation du 14 juin ou participer aux mobilisations prévues. Pour cela, elles peuvent prendre contact avec leurs sections syndicales ou le collectif de leur canton. Les coordonnées de ces collectifs se trouvent sur le site www.14juin2011.ch, onglet «Réseau».

Sylviane Herranz


 

Edition n° 16/17 du 20 avril 2011

 
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