Manque à gagner mais travail garanti
Les collaborateurs de Lonza à Viège devront travailler une heure et demie de plus par semaine sans compensation

Un accord a été trouvé le 5 juillet dernier entre les syndicats Unia, Syna et le groupe chimique bâlois Lonza. Le conflit qui opposait les différents partenaires portait sur la volonté patronale d'augmenter de deux heures par jour le temps de travail des employés de ses sites de production à Viège (VS), sans majoration de salaire. Le but étant, alors que les usines Lonza tournent à plein régime, de gérer la charge de travail actuelle sans personnel supplémentaire tout en réduisant les frais. A l'origine de cette décision, la cherté du franc et les hausses des coûts des matières premières et de l'énergie. «Nous avions connaissance de ces problèmes mais avions été très choqués par la manière de faire de Lonza», relève German Eyer, secrétaire régional d'Unia Haut-Valais. La direction avait dénoncé unilatéralement la Convention collective de travail (CCT) arrivant à échéance à la fin de l'année et annoncé que la nouvelle mesure sur le temps de travail entrerait en vigueur le 1er juillet. En parfaite violation avec le contrat passé où il était stipulé une durée hebdomadaire de 41 heures et non de 43.

Une baisse de 3,65% de salaire
Quoi qu'il en soit, une solution a finalement été trouvée, et la résiliation de la CCT annulée. Cet arrangement limite l'extension de l'horaire hebdomadaire à une heure et demie. «Nous ne pouvons pas dire que nous sommes contents car ce temps supplémentaire ne sera pas payé mais nous devons composer avec les circonstances» commente German Eyer, relevant que les profits de Lonza, en raison de l'appréciation de notre monnaie et de la hausse des coûts de l'électricité, ont considérablement baissé. La nouvelle disposition sur l'horaire entrera en vigueur le 1er septembre et sera effective pendant dix-huit mois. Elle équivaut pour les travailleurs à une baisse de salaire de l'ordre de 3,65% contre 4,87% avant les négociations avec les syndicats.

La facture aux travailleurs...
L'accord prévoit par ailleurs qu'aucun licenciement pour motif économique ne pourra être prononcé durant sa durée. Autre point positif relevé, une restriction à l'embauche de collaborateurs temporaires. Leur nombre ne pourra dépasser 15% du personnel fixe. «Nous avons aussi prévu d'effectuer, chaque quatre mois, un bilan intermédiaire au cours duquel Lonza présentera ses chiffres.» A noter que la solution acceptée par les partenaires sociaux - qui touche 1500 employés sur les quelque 2500 que compte l'entreprise - devait encore être entérinée par l'assemblée des travailleurs prévue aujourd'hui, 13 juillet.
Craignant clairement les conséquences de la surévaluation du franc sur les salaires des travailleurs et l'emploi, l'Union syndicale suisse et Unia ont demandé à plusieurs reprises au gouvernement et à la Banque Nationale Suisse d'intervenir. En vain. Avec le cas Lonza et d'autres encore, les inquiétudes se confirment. «Crise, franc fort: c'est toujours les travailleurs qui paient la facture...» 


Sonya Mermoud

 


 

Edition n° 28/29 du 13 juillet 2011

 
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