Mobilisation pour les libertés syndicales
Objet d'un symposium à l'OIT, la Journée mondiale du travail décent a fait l'objet d'une action concertée des syndicats

Les syndicats suisses et genevois ont manifesté jeudi et vendredi derniers pour défendre les libertés syndicales et le travail décent alors que se terminait un symposium sur le sujet, à l'OIT. Ils ont notamment exigé une meilleure protection des délégués syndicaux en Suisse et le droit à informer les travailleurs sur les lieux de travail.


Une promenade dénonciatrice organisée le 6 octobre en ville de Genève devant des enseignes ayant particulièrement bafoué les droits syndicaux. Le lendemain, une action symbolique réunissant 200 syndicalistes sur la place des Nations pour illustrer les entraves faites aux représentants des travailleurs: la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), l'Union syndicale suisse (USS), et le Syndicat du personnel du Bureau international du travail ont participé activement à la Journée mondiale du travail décent, le 7 octobre dernier, principalement axée sur la lutte contre le travail précaire.
Objet d'un symposium à l'Organisation internationale du travail (OIT) qui s'est déroulé du 3 au 7 octobre, cet événement a été l'occasion pour les syndicats de manifester au niveau local leur soutien aux délégués internationaux. Ils ont aussi profité de la rencontre pour défendre les libertés syndicales nécessaires au combat contre le travail précaire. Avec les représentants des travailleurs de l'OIT, ils ont exigé que les autorités politiques garantissent aux organisations syndicales le droit d'informer les salariés sur les lieux de travail. A ce chapitre, la CGAS a écrit une lettre ouverte au Conseil d'Etat genevois. «Nous lui demandons d'intervenir auprès des associations patronales et des entreprises pour que le droit d'information soit garanti, et de veiller à ce que l'action ordinaire d'information par les syndicats près des lieux de travail ne soit pas systématiquement entravée par des interventions policières inopportunes», a précisé Alessandro Pelizzari, président de la CGAS et secrétaire régional d'Unia, et de citer plusieurs restaurants, hôtels, magasins et centres commerciaux ayant interdit leur accès à des syndicats.
La coalition a aussi demandé à la Suisse d'adapter sa législation du travail dans le sens d'une meilleure protection des délégués syndicaux contre les licenciements. «Cette protection est nettement insuffisante», a déclaré Vania Alleva, vice-présidente de l'USS et membre du comité directeur d'Unia. Sans réponse satisfaisante du Conseil fédéral d'ici quelques mois, nous allons relancer la plainte que nous avions déposée à l'OIT.» Cette requête avait déjà été faite par l'OIT suite à la plainte des syndicats pour le non-respect de la Convention 98 ancrant ce principe. «Aucune amélioration n'a été constatée», a encore déploré le président de la CGAS.
Enfin, les représentants des travailleurs ont demandé à la direction générale du BIT d'accueillir favorablement les recommandations en matière de lutte contre la précarité issues du symposium. Et, en Suisse, de ne collaborer qu'avec les entreprises qui respectent ces dernières comme les droits syndicaux prescrits par l'ensemble des conventions de l'OIT.


Sonya Mermoud

 


 

Edition n° 41 du 12 octobre 2011

 
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