Travail du dimanche: Unia Transjurane prêt à lancer un référendum
Si le Parlement jurassien acceptait l'ouverture de 4 dimanches par année, Unia combattrait sa décision par référendum

Le Gouvernement jurassien prévoit dans sa nouvelle loi sur les activités économiques d'autoriser dans la vente quatre dimanches travaillés ainsi que certaines ouvertures prolongées. Unia Transjurane s'élève contre ce projet contraire à la volonté exprimée par la majorité de la population. Le syndicat avertit qu'il lancera un référendum si le Parlement devait accepter cette libéralisation.

Le Gouvernement jurassien a présenté récemment son projet de révision de la loi cantonale sur les activités économiques. Ce projet prévoit d'autoriser dans le secteur de la vente quatre dimanches travaillés par année lors d'événements extraordinaires et la possibilité pour les commerçants d'organiser des expositions le dimanche, trois fois par année. De plus, l'organisation d'événements particuliers, par exemple des anniversaires de magasins pourront faire l'objet d'ouvertures prolongées jusqu'à 22 heures, en semaine.
Ce projet de loi sera soumis à l'examen du Parlement jurassien au début de l'année prochaine.

Injuste et illogique
«C'est un nouveau coup de force en faveur de la libéralisation des heures d'ouverture, au détriment du personnel de la vente. Pas question de l'accepter», tonne le secrétaire régional d'Unia Transjurane, Pierluigi Fedele. Dans un communiqué, le syndicat s'élève contre la position de l'Exécutif cantonal. «Dans un secteur d'activité où les dégradations des conditions de travail se succèdent d'année en année, où le dumping salarial s'installe avec force, où la conciliation de la vie professionnelle et familiale devient un casse-tête, il est troublant de constater à quel point l'aveuglement idéologique du Gouvernement jurassien et son empressement à répondre à sa clientèle politique peuvent le conduire à des décisions hors de toute logique et totalement inacceptables pour le personnel.» Illogique? En effet le Gouvernement fonde sa volonté de libéralisation des heures d'ouverture sur une consultation qu'il prétend majoritairement favorable à ce projet mais dont tout démontre, au contraire, qu'elle ne l'est pas.
Et pour cause, 29 communes sur 53 s'opposent à l'introduction du travail le dimanche, dont les plus importantes Delémont et Porrentruy. S'y opposent également toutes les organisations syndicales, la Fédération romande des consommateurs, la moitié des forces politiques du canton, l'Eglise catholique ainsi que... l'Union des commerçants de Delémont. Le camp du oui est minoritaire. Il est surtout composé d'organisations patronales et de partis de droite. «Même des grands distributeurs comme Migros ou Denner n'ont pas demandé davantage que deux jours d'ouverture dominicale», observe Pierluigi Fedele. En plus d'en biaiser les résultats, le Gouvernement s'est servi de cette consultation comme d'un prétexte pour justifier «une stratégie ultralibérale qui consiste à déréguler petit à petit et canton par canton, les horaires d'ouverture dans les commerces».
Non seulement la majorité des associations et communes sont contre ce projet, mais le personnel concerné y est fermement opposé, dans son immense majorité. C'est ce que prouvent les enquêtes menées auprès du personnel, par Unia Transjurane ces trois dernières années.
En conséquence, le syndicat avertit publiquement que si ce projet devait être accepté par le Parlement jurassien, il le combattrait par référendum.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 42/43 du 17 octobre 2012

 
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