Les syndicats exigent une convention pour le transport routier
Une étude révèle la pression grandissante exercée sur les salaires dans cette branche

Lors d'une conférence de presse tenue à Berne récemment, une étude sur les salaires dans la branche du transport routier a été présentée afin de mettre en lumière des cas répandus de salaires de misère et de journées à rallonge. Les syndicats montent au créneau et demandent l'instauration d'une convention collective de branche et la mise en place de salaires minimums.

Près d'une personne sur dix travaillant dans la branche du transport privé domestique gagne moins de 22 francs de l'heure, soit à peine 4000 francs par mois, pour un temps de travail hebdomadaire estimé entre 46 et 48 heures. Les femmes et le personnel rétribué à l'heure sont les plus concernés par ces salaires de misère. Voilà ce que révèle une étude sur les salaires de la branche du transport routier et de la logistique de Roman Graf, collaborateur scientifique de l'Université de Genève, présentée le 9 novembre passé à Berne lors d'une conférence de presse convoquée conjointement par les trois syndicats Unia, Syndicom et SEV.
Les faits sont clairs: la concurrence et la guerre des prix faisant rage dans le secteur routier, ce sont les travailleurs qui en payent les conséquences directement à travers des bas salaires et des journées de travail à rallonge. Vania Alleva, membre du comité directeur d'Unia, confirme que les salaires des chauffeurs et du personnel logistique ont diminué depuis vingt ans. «Des salaires de 16 francs voire moins sont courants, même parmi les leaders de la branche.»

Réglementer le secteur...
Les trois syndicats s'accordent à dire que cette situation scandaleuse est due à l'absence à la fois de protection conventionnelle dans la branche mais aussi de salaires minimums obligatoires. Partant, ils préconisent la signature d'une convention nationale de branche afin d'assainir la situation. «Il est important que les conditions d'engagement soient dûment réglées dans la branche des transports routiers privés, insiste Felix Gurtner, responsable du secteur Logistique de Syndicom. C'est l'unique façon de stopper la spirale à la baisse des conditions de salaire et d'engagement des chauffeurs et des collaborateurs des entrepôts.» Pour Roland Schiesser, responsable de la branche des transports à Unia, l'accord devrait s'inspirer des salaires en vigueur pour les chauffeurs de la construction. «Nous revendiquons au moins 5600 francs pour les conducteurs de camions qualifiés et 4500 francs pour les conducteurs de voitures de livraison et le personnel auxiliaire non qualifié.»

... ou contraindre les patrons
Le hic, c'est que les patrons du transport routier ne se montrent pas enclins à négocier un tel texte. «Comme les employeurs refusent de conclure une convention collective de travail (CCT), il faut les astreindre par la loi à verser un salaire minimum correct», rebondit Vania Alleva, faisant référence à l'initiative d'Unia sur l'instauration du salaire minimum.


Manon Todesco

 

 

Edition n° 47/48 du 21 novembre 2012

 
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