Tesa et ses deux employés congédiés devant la justice
La conciliation a échoué au Tribunal entre les deux délégués de la commission du personnel licenciés et Tesa

«On a fait un pas en étant d'accord de diminuer les indemnités demandées, mais Tesa n'a pas jugé intéressant de conclure l'affaire.» Jennifer, ex-membre de la commission du personnel chez Tesa, ne baisse pas les bras. Elle continuera donc à se battre, tout comme son collègue Alexandre, pour faire valoir leurs droits. Pour rappel, le 8 novembre dernier, tous deux avaient été licenciés avec effet immédiat après avoir transmis à quelques collègues une pétition, munie de 166 signatures du personnel, lancée par des employés de Tesa fâchés contre des décisions de la nouvelle directrice des ressources humaines.
Après des tentatives de négociation, l'affaire est donc arrivée ce mois jusqu'au Tribunal d'arrondissement, et non pas des Prud'hommes puisque les montants demandés, notamment pour licenciement abusif et tort moral, sont supérieurs à 30000 francs.
«Tesa a refusé d'entrer en matière, car la direction conditionne la conciliation à des excuses qui n'ont pas lieu d'être, puisque les deux délégués n'ont fait que transmettre cette pétition signée par la moitié des travailleurs de l'entreprise», souligne Jean-Michel Dolivo, l'avocat des deux délégués. Pour seul commentaire, Ileana Plesan, directrice RH chez Tesa, lâche: «La conciliation a échoué et le procès continue.»

Pour une meilleure protection
Ces derniers mois, les soutiens de commissions d'entreprises de la région, mais aussi des politiques et même des églises, aux deux employés licenciés, ont afflué en nombre. «Nous devons nous battre contre cette injustice, mais aussi pour tous les autres membres des commissions du personnel», relève Jennifer, qui se dit toujours prête à réintégrer l'entreprise. «Ils n'ont jamais rien reproché à mon travail», explique-t-elle. La demande de réintégration, impossible en droit, ne sera pas débattue devant le juge, mais elle reste une revendication syndicale essentielle. «Nous demandons, une fois de plus, une meilleure protection des délégués syndicaux et des commissions du personnel. Il faudrait aussi une disposition conventionnelle contraignante dans les conventions collectives», estime Abdou Landry, secrétaire syndical à Unia Vaud. Celui-ci ajoute: «A Tesa, nous avons gagné sur la mesure des 45 heures sans compensation de salaire demandée par la direction l'été passé, puisque cette dernière a retiré ce projet. Mais la commission du personnel a été réduite à néant: deux de ses membres en ont démissionné, et un autre a quitté Tesa. Il ne reste plus qu'une seule personne et sa présidente en congé maternité.»


Aline Andrey

 

Edition n° 4 du 25 janvier 2012

 
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