L'Union ouvrière ouvre une permanence sociale au Locle
Le but de la permanence? Aider les gens à résoudre des problèmes d'impôt, d'endettement, de caisse maladie

L'Union ouvrière a ouvert une permanence sociale au Locle. Ce service gratuit se destine à renseigner, conseiller et épauler les gens de condition modeste face aux problèmes sociaux, économiques et administratifs qu'ils rencontrent dans la vie quotidienne.

L'Union ouvrière vient d'ouvrir une permanence sociale au Locle, dans les locaux d'Unia. Elle est ouverte à tous, gratuitement, tous les lundis de 15h à 17h30 ainsi que sur rendez-vous. Ce service existe déjà depuis des dizaines d'années à La Chaux-de-Fonds. «Nous avons pu ouvrir cette deuxième antenne grâce au soutien financier de la commune et à l'appui d'Unia qui nous prête ses locaux et ses installations, sans frais», indique Emmanuel Farron, responsable des deux permanences et secrétaire de l'Union ouvrière, organisation fondée en 1896 et qui sert également de relais à l'Union syndicale des Montagnes neuchâteloises.

Ecrivain public
Le but de la permanence sociale est de soutenir et de conseiller les gens confrontés aux difficultés de la vie quotidienne. Parmi ses tâches, citons notamment celles d'orienter et d'épauler les personnes en matière de droit de bail, de contrats litigieux, de violence, de désendettement, de formation et d'apprentissage. Mais ses deux activités essentielles sont, d'une part, d'aider à remplir les déclarations d'impôt et vérifier les taxations et, de l'autre, de jouer le rôle d'écrivain public. «Nous rendons ce service à des gens qui ont des problèmes de vue, à des personnes âgées, à des étrangers qui maîtrisent peu ou pas le français ou à des gens illettrés. Il y a aussi les personnes qui ne savent pas quelles démarches entreprendre ni la manière de les formuler. Nous les aidons dans le cadre de l'assurance invalidité (AI), le 2e pilier, l'assurance maladie. Il y a aussi les cas de veuvage qui nécessitent le plus souvent une quinzaine de lettres, en dehors des actes notariés.» Un travail considérable.
Mais la permanence ne prétend pas régler les problèmes à elle seule. «Nous sommes généralistes. Nous abordons les problèmes dans leur globalité puis nous prenons conseil auprès des spécialistes vers lesquels nous orientons nos interlocuteurs.» Ces interlocuteurs sont, entre autres, les syndicats, Caritas, le Centre social protestant, les associations de défense des chômeurs, des consommateurs ou des locataires. «Les gens nous visitent aussi pour s'informer, pour prévenir un problème, s'en prémunir. Notre premier travail est celui de bien expliquer les choses. Un grand nombre de problèmes sont dus à des incompréhensions ou des malentendus, ce qui les fait paraître compliqués alors qu'ils sont simples à résoudre.»

Vue sur la crise
La permanence sociale est également le dernier recours lorsque tout a échoué. Exemple, un maçon frappé gravement par des maux de dos a vu son dossier rejeté par l'AI. De plus, il n'avait pas encore tout à fait atteint l'âge lui permettant de bénéficier d'une retraite anticipée. Une sorte de trou social. «Nous avons trouvé une solution intermédiaire avec différentes institutions afin qu'il parvienne à la retraite avec des ressources lui permettant de vivre décemment jusque-là.»
Emmanuel Farron est aux premières loges pour observer concrètement les impacts de la crise sur la vie quotidienne. «Depuis la moitié des années 2000, les problèmes se sont amplifiés. On assiste à une dégradation progressive de la situation sociale. L'emploi est de plus en plus précaire, l'assurance chômage se dégrade, les loyers grimpent tout comme les primes d'assurance maladie.» A ces constats, le permanent ajoute l'explosion de l'endettement. «Au début des années 90, l'endettement était rare et s'il existait, il était passager. Les dettes étaient le plus souvent liées à l'achat d'un bien immobilier ou d'une voiture. Et il était rare que cela ne soit pas remboursable. Aujourd'hui, le surendettement a pris des proportions inquiétantes. On s'endette désormais aussi pour la consommation courante. Une bonne partie des salariés du bas de l'échelle sociale ne peut plus vivre de son travail. C'est très grave.»
Cette situation prouve une fois de plus la nécessité de relever les rémunérations trop basses, de combattre les salaires de misère. C'est ce que propose de faire l'initiative sur les salaires minimums que l'Union syndicale suisse vient de déposer à Berne.

Achat d'une maison, un piège
Le permanent met aussi le doigt sur le problème immobilier. «Il y a trente ou quarante ans, les ouvriers ou les gens de condition modeste ne pouvaient pas acheter une maison. Or aujourd'hui, ce n'est plus le cas. On pourrait s'en réjouir. Mais malheureusement, trop de gens n'imaginent pas la situation délicate et parfois insurmontable dans laquelle ils peuvent se retrouver s'ils perdent leur emploi ou si les taux hypothécaires se mettent à grimper fortement. Ces propriétaires qui achètent des biens souvent surévalués se retrouvent avec un fil à la patte, avec une peur de perdre leur emploi encore plus accentuée. De plus, bon nombre de salariés achètent une maison en puisant dans les avoirs de leur 2e pilier. C'est un risque pour l'avenir ainsi qu'une forme de transfert de fonds en direction des banques.» A l'énoncé de ce constat, on ne peut s'empêcher de songer que la crise qui secoue actuellement la planète trouve son origine dans les subprimes américains, ces prêts hypothécaires véreux accordés à des familles pauvres qui n'avaient plus les moyens de les rembourser.
Président de l'Union ouvrière et secrétaire syndical d'Unia, David Taillard souligne que cette permanence sociale répond à une véritable nécessité. «C'est un lieu qui permet de compléter le travail syndical, un lieu de dernier recours où l'on trouve une excellente qualité d'écoute ainsi que des compétences polyvalentes.» 


Pierre Noverraz

Permanence sociale Le Locle, Crêt-Vaillant 19-21: les lundis de 15h à 17h30.
Permanence sociale La Chaux-de-Fonds, av. Léopold-Robert 67: les mardis et mercredis de 15h à 18 h.
Egalement sur rendez-vous: tél. 032 913 45 48.

 

 

Edition n° 7 du 15 février 2012

 
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