FNAC le personnel exige un vrai plan social
Le distributeur a annoncé la suppression de 42 emplois au siège administratif de Satigny GE

La Fnac a annoncé un vaste plan de restructuration dans les pays où elle est présente. En Suisse, le centre administratif du géant de la distribution de produits culturels, implanté à Satigny, sera touché. 42 postes de travail vont disparaître. Les licenciements s'étaleront de juin à décembre. Le personnel se mobilise avec Unia pour exiger un plan social digne de ce nom. Les indemnités sont déjà revues à la hausse.


La rumeur était dans l'air, faisant d'abord monter au créneau de nombreux artistes suisses, inquiets des répercussions d'une réorganisation de la Fnac pour la diffusion de leurs œuvres. Puis elle s'est confirmée: dans le cadre d'un vaste plan de restructuration, en France et dans les pays où elle est présente, la Fnac a décidé de redimensionner son siège helvétique situé à Satigny (GE). Le 9 mars dernier, la direction annonçait à son personnel que 42 des 98 postes du siège seraient supprimés, soit presque la moitié des emplois. Les licenciements seront signifiés entre juin et décembre a indiqué la direction.
«Ces postes se trouvent dans le domaine administratif et commercial. Mais sur le 56 restants, 29 concernent la logistique, c'est-à-dire les préparations et envois des commandes aux quatre magasins de Suisse. Nous sommes aussi inquiets pour ces emplois, car la Fnac envisage d'externaliser le service», indique Joël Varone, responsable du tertiaire à Unia Genève.

«Trois fois rien...»
Déjà mobilisés avant l'annonce des licenciements, les employés de la Fnac s'étaient à nouveau réunis, jeudi dernier, avec le syndicat Unia pour discuter de la situation. Face à la faiblesse des «mesures d'accompagnement» proposées par le groupe - de 2 à 5 mois de salaire d'indemnités selon l'ancienneté - le personnel a exigé un plan social conséquent. Ses revendications ont été présentées à la direction juste après l'assemblée. Lundi, les négociations ont démarré entre Unia, une délégation du personnel et la direction. Celle-ci a accepté d'augmenter quelque peu son offre en ajoutant 1 mois et demi d'indemnités selon un plan d'ancienneté lui aussi plus favorable aux salariés. Les négociations doivent se poursuivre ce jeudi sur d'autres points.
«Nous ne pouvions pas accepter ce qui était proposé par la direction en matière d'indemnités. C'est trois fois rien, surtout lorsque l'on sait que la Fnac a réalisé un bénéfice de 103 millions d'euros en 2011», réagit vivement Joël Varone. Il rappelle que le distributeur de disques, de livres et de produits techniques appartient au groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute) du milliardaire français François-Henri Pinault. Ce groupe, spécialisé dans le luxe, a réalisé en 2011 un résultat opérationnel de 1,6 milliard d'euros, en hausse de plus de 16% par rapport à 2010! La Fnac a en revanche vu son bénéfice baisser de 192 à 103 millions entre 2010 à 2011. Mais elle est toujours dans les chiffres noirs. Malgré cela, le distributeur a annoncé en janvier qu'en raison de la crise affectant la consommation des ménages dans les pays où elle est active, notamment en France, Espagne, Portugal, Belgique, Suisse et au Brésil, elle procéderait à une restructuration visant à réaliser 80 millions d'économies. Pour cela, 510 emplois passeront à la trappe, dont 310 en France et 200 dans d'autres pays.
En Suisse, la Fnac compte quatre magasins (deux à Genève, un à Lausanne et un autre à Fribourg). Elle emploie actuellement 380 personnes au total, avec le personnel de Satigny. «Les employés des magasins ne sont pas encore touchés» note Joël Varone, méfiant, alors que la restructuration ne concerne pour l'heure que le site de Satigny. 


Sylviane Herranz

 

Edition n° 12 du 21 mars 2012

 
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