Gel de 28 licenciements chez Pam exigé
Unia exige le gel des 28 licenciements annoncés par le groupe Pam dans ses différents points de vente

Le groupe Pam a décidé de congédier 28 personnes dans ses différents points de vente, en Valais principalement, mais aussi dans le canton de Vaud. Une mesure incompréhensible pour Unia qui a exigé le gel des licenciements. Et qui dénonce la situation déjà extrêmement difficile dans laquelle se trouve le personnel, travaillant le plus souvent en flux tendu. Le syndicat est d'autant plus indigné que des négociations sont en cours pour la conclusion d'une Convention collective de travail.

«Avant de procéder à des licenciements, on consulte le personnel, on cherche des solutions, des alternatives pour replacer les personnes. Pam a agi sans concertation, sans explication, en catimini.» Secrétaire régional d'Unia Bas-Valais, Blaise Carron n'a pas caché son indignation en apprenant, le 30 mai dernier, le licenciement de 28 employés du groupe Pam, avec effet au 1er juin prochain. Une nouvelle suppression drastique de postes qui intervient dans les différents points de vente de l'enseigne, en Valais principalement, mais aussi dans le canton de Vaud alors même que des négociations sont en cours pour la signature d'une Convention collective de travail. Et que le personnel travaille déjà en flux tendu, suite à plusieurs restructurations intervenues au cours de ces deux dernières années. «Le groupe a déjà congédié plusieurs dizaines de personnes. Celles qui sont restées en fonction ne cessent de jongler, confrontées à des conditions de travail intenables.» Un problème qui avait déjà été soulevé par le syndicat en mars 2010, suite aux importantes mesures visant à réduire le personnel. «La situation n'a pas changé et risque encore d'empirer», renchérit Francine Zufferey Molina, secrétaire syndicale d'Unia. «Il n'y a pas assez d'employés dans les magasins. Ces derniers sont souvent tenus par une seule personne, engendrant des problèmes de sécurité lors de malaise, vol ou agression.»

Illogique
Dans ce contexte, le syndicat juge incompréhensible cette décision. «Elle ne répond à aucune logique. Si le groupe voulait se saborder lui-même, il ne procéderait pas autrement», note encore Francine Zufferey Molina qui, au lendemain de la nouvelle, s'est rendue dans les magasins Pam discuter avec le personnel. «Les vendeuses sont dépitées et écœurées, ayant appris la nouvelle par la presse. Elles aussi estiment que Pam scie la branche sur laquelle il est assis.» Même commentaire de Blaise Carron, relevant que la survie des magasins encore ouverts est désormais en péril. «Au lieu de les stabiliser, on va peut-être devoir réduire les horaires d'ouverture et l'offre. Ou alors, dans certains points de vente, le personnel, surchargé, n'aura plus du tout l'âme à sourire et à se montrer avenant avec la clientèle... On licencie et on va augmenter la durée de travail des employés... Il semble qu'il n'y ait aucune réflexion et stratégie menée par le détaillant. On opte pour un remède qui n'aura d'autre effet que de tuer le malade.» Aussi, Unia - qui avait rendez-vous avec la direction le 5 juin prochain - a exigé un gel des 28 licenciements. «Vu la date de l'annonce de la décision, il a été impossible pour les employés et le syndicat de se déterminer par rapport à cette dernière. C'est pourquoi Unia s'oppose en l'état à des licenciements au sein du groupe.»

Mobilisation non exclue
Des assemblées du personnel seront par ailleurs organisées les 11 et 12 juin prochains à Sierre et Sion. «Les vendeuses décideront alors si elles entendent se mobiliser. Une idée qu'elles n'excluent en tout cas pas», note encore Francine Zufferey Molina, précisant que la direction serait bien inspirée d'écouter davantage ses employés. Des salariés «attachés à leur travail» mais qui ont dénoncé des dysfonctionnements dans la gestion de l'enseigne: ordres, contre-ordres, problèmes de stocks, de livraisons, déséquilibre entre personnel administratif et de vente, etc.
Rappelons encore que Pam a déjà procédé à la fermeture d'un certain nombre de points de vente, notamment à Martigny, Sion et Orbe. Employant quelque 600 personnes, dont une grande majorité en Valais, Pam doit faire face à une baisse de sa clientèle et de son chiffre d'affaires, confronté à la concurrence d'autres entreprises. «Le groupe, certes, rencontre des problèmes. Même si on pouvait s'attendre à quelques ajustements, on n'imaginait absolument pas un tel couperet.» 


Sonya Mermoud

 

Edition n° 23 du 6 juin 2012

 
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