Les employés d'Applied Materials obtiennent gain de cause
Les travailleurs se disent satisfaits de l'issue des négociations avec la direction. Ils ont notamment sauvé 44 emplois

Les travailleurs d'Applied Materials sont finalement parvenus à un accord avec la direction après plus de cinq semaines de lutte et une menace de débrayage. Une enveloppe de 10 millions de francs a été négociée dans le cadre du plan social.

Soulagement chez Applied Materials. Après un bras de fer musclé et de longues négociations, les employés de l'entreprise spécialisée dans l'énergie solaire ont accepté les propositions formulées par la direction lors d'une assemblée du personnel tenue le 13 juin dernier. Pour rappel, le groupe avait annoncé le 10 mai la suppression de 170 postes sur un total de 210 en raison d'une délocalisation de la production en Chine.
La semaine passée, les travailleurs avaient fait pression sur les dirigeants et les avaient menacés de cesser le travail en votant un préavis de grève. Une action qui a porté ses fruits puisque la direction s'est rassise à la table des négociations et revu ses exigences à la hausse.
Dans un premier temps, le nombre de licenciements a été réduit à 155. En d'autres termes, 44 postes seront maintenus à Cheseaux-sur-Lausanne dans le cadre du pôle de recherche et de développement, au lieu des 25 initialement annoncés par la direction. De plus, cette dernière s'est engagée à allouer un budget conséquent afin de garantir la pérennité du site.

Un plan social nettement amélioré
Cela dit, la réelle victoire d'Unia et des salariés concerne la renégociation du plan social actuel, valable jusqu'au 31 décembre prochain, qui a été nettement amélioré. Le montant de l'enveloppe obtenue en faveur des salariés s'élève à plus de dix millions de francs, soit une augmentation de plus de 52% par rapport au précédent. Huit millions seront dédiés aux indemnités de licenciement, calculées en fonction de l'âge, de l'ancienneté et du grade. Par exemple, un salarié de 55 ans avec 16 ans d'ancienneté repartira avec la somme de 123000 francs, soit 35000 de plus qu'avec l'ancien plan social.
Le personnel remercié recevra aussi une indemnisation de 6000 francs par enfant ou personne à charge, et la même somme dans le cas où le ou la conjointe serait sans revenu.
Autre modification: les salariés de 58 ans et plus pourront, s'ils le souhaitent, recourir à une retraite anticipée. «Nous avons porté une attention particulière à cette catégorie de salariés, souligne Abdou Landry, secrétaire syndical Unia Vaud. Ils seront huit à en bénéficier.»
Pour pouvoir se consacrer pleinement à la recherche d'un nouvel emploi, les 155 personnes licenciées seront libérées avec effet immédiat et des mesures d'accompagnement leur seront mises à disposition, notamment la possibilité de faire une formation complémentaire, un bilan de compétences ou de bénéficier d'une aide au replacement. «D'un point de vue financier, nous avons obtenu un bon résultat: c'est l'un des meilleurs plans sociaux de la région, se réjouit le syndicaliste. Nous avons bien bataillé et si nous l'avons obtenu, c'est grâce à l'engagement d'Unia et des travailleurs depuis 2008.»
D'autres garanties essentielles ont été négociées, notamment la suppression de la clause de non-concurrence inscrite dans les contrats des employés afin de faciliter la recherche d'un emploi dans le même domaine.

Les emplois et le site garantis jusqu'en 2016
D'autre part, il a été convenu que la validité du nouveau plan social coure jusqu'au 31 décembre 2016 pour permettre aux employés qui restent sur le site d'être couverts. «Il est rare d'obtenir un tel résultat. C'est une garantie pour les emplois et pour le site au moins durant 4 ans!» indique Abdou Landry. De même, la Convention collective de travail (CCT) étant valable jusqu'en 2014, et afin d'éviter un vide conventionnel, celle-ci a été prolongée jusqu'en 2016 afin de s'aligner sur le plan social.
Pour le secrétaire syndical, l'issue de ces négociations est positive: «Les travailleurs sont très satisfaits donc je le suis aussi, j'ai rempli mon mandat.» Toutefois, il peine à crier victoire: «Il reste tout de même une amertume suite à ces 155 postes supprimés et la perte de la production dans la région», déplore Abdou Landry.


Manon Todesco

 

 

Edition n° 25 du 20 juin 2012

 
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