Swissprinters la lutte pour les emplois s'organise
Soutenus pr le syndicat Syndicom, les employés planchent sur des alternatives

Le 19 juillet dernier, le groupe Swissprinters a communiqué sa décision d'interrompre son activité d'impression aux anciennes Imprimeries Réunies Lausanne (IRL), pour la concentrer, d'ici à fin 2012, à Zofingue, en Argovie. Ce départ de l'unité de Renens se traduira par la disparition de 126 postes de travail. Quelques jours après l'annonce de la fermeture du site, le 24 juillet, plus d'une quarantaine d'employés ont participé, sous l'égide du syndicat des médias et de la communication, Syndicom, à une assemblée du personnel. Une fréquentation jugée bonne par Yan Giroud, responsable romand de l'industrie graphique, compte tenu des vacances et des personnes qui ne pouvaient se libérer pour des raisons de travail. Etaient également présents à cette rencontre des représentants de la Municipalité de Renens et deux conseillers nationaux vaudois, les socialistes Jean Christophe Schwaab et Eric Voruz.

Relations tendues
Lors de la réunion, les salariés ont donné le mandat à Syndicom de les représenter au côté de la commission du personnel. Une représentativité qui, depuis, a été contestée par la direction. «Les relations sont tendues. La direction veut fermer la porte au syndicat», déclare Yan Giroud. Dans ce contexte, les assemblées du personnel prévues cette semaine se révéleront déterminantes. Se basant sur son mandat, le syndicat réclame la possibilité de participer aux tables rondes sur l'avenir des anciennes IRL. Comme il demande d'être intégré à toutes les négociations, en collaboration avec les délégués élus des travailleurs.
Quoi qu'il en soit, les participants à l'assemblée ont constitué différents groupes de travail afin de trouver des alternatives aux licenciements. Et, pour donner davantage de poids à leurs revendications, ils ont lancé une pétition* réclamant le maintien des IRL et de ses emplois sur le site de Renens.

La solution la moins mauvaise...
Parmi les pistes explorées, celle du «management by out» (MBO) - soit la reprise par un groupe de cadres d'une partie des activités - a retenu l'attention de Syndicom. Soutenue financièrement par la commune de Renens, l'Etat de Vaud et la Banque cantonale vaudoise, cette proposition permettrait de sauver 64 postes. Elle a toutefois pour l'instant été balayée par la direction nationale de Swissprinters. «Cette dernière a émis des doutes sur sa viabilité... Cette solution figure parmi les moins pires mais elle se solderait tout de même par la perte de 50% des places de travail, le MBO concernant seulement les prestations liées à l'impression, non à la reliure» précise le syndicaliste qui, dans ce contexte, note que d'autres projets sont aussi examinés. Autre problème soulevé par Yan Giroud, si le MBO était retenu : la diminution des salaires de 15%. «Le calcul a été effectué sur des projections pessimistes qui reflètent la réalité actuelle. En cas de reprises des affaires, nous demanderions qu'on prévoie de répartir les bénéfices et de réajuster les salaires.» Actuellement, le groupe Swissprinters semblerait toutefois davantage intéressé par la reprise des activités par une autre entreprise de la branche. «Il y a un projet d'accord avec les PCL (Presses centrales Lausanne SA). Le pire des dénouements. Seule une vingtaine de places seraient alors sauvées avec le risque, à terme, qu'elles disparaissent aussi, la société sous-traitant en Italie.»

Pétition à l'appui
Le personnel dispose encore de quelques semaines pour faire ses suggestions. «Nous espérons terminer à la fin août. Nous verrons si ce délai de consultation accordé, entre 5 et 7 semaines depuis l'annonce des licenciements, est suffisant. Les employés préféreraient toutefois ne pas le différer de crainte que les incertitudes liées à cette période entraînent une perte de la clientèle», précise encore Yan Giroud.
Swissprinters est né de la fusion, en 2005, de toutes les entreprises d'impression non liées aux journaux de Ringier SA et du groupe médias NZZ. Un an plus tard, Edipresse, aujourd'hui Tamedia, est entré dans le groupe comme actionnaire. En 2012, la société - qui compte quelque 500 collaborateurs - a déjà fermé ses unités de production de Saint-Gall et Zurich, supprimant quelque 250 postes de travail. La baisse du volume des affaires, la forte pression sur les prix et les faibles marges bénéficiaires dans le secteur de l'impression sont à l'origine de ces restructurations, explique le groupe dans son communiqué du 19 juillet dernier. 


Sonya Mermoud

* La pétition peut être signée en ligne sur le site: www.syndicom.ch

 

 

Edition n° 32/33 du 8 août 2012

 
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