Délocalisation de Greatbatch: pas d'alternatives convaincantes
La table ronde de l'entreprise s'est révélée décevante. Unia plaide pour une véritable politique industrielle

Réunissant la semaine dernière à Berne les autorités, la direction et Unia, la table ronde portant sur l'avenir de Greatbatch s'est révélée décevante. L'entreprise confirme sa décision de délocaliser, entrainant la suppression de 180 emplois dans le Jura bernois. Et ne concède que quelques miettes.

Organisée jeudi dernier à Berne, à la demande d'Unia, la table ronde portant sur l'avenir de Greatbatch Medical a réuni des représentants des autorités cantonales, fédérales, communales ainsi que la direction de l'entreprise et le syndicat. Le but était de trouver des alternatives à la délocalisation au Mexique et aux Etats-Unis de l'entreprise basée aujourd'hui à Corgémont et Orvin, dans le Jura bernois. Pour mémoire, cette délocalisation annoncée par le groupe américain interviendra à la fin de l'année prochaine, entraînant la suppression de 180 emplois.

Déception
«Le résultat est très décevant», déplore Pierluigi Fedele, représentant d'Unia à cette table ronde. La direction a pourtant fait état d'un possible maintien dans la région d'un petit volume de production, via la sous-traitance, essentiellement. «Mais tout cela n'est qu'une éventualité qui, même si elle et se concrétisait, ne sauverait pas les emplois.» On en reste donc à la maigre consolation qui avait été annoncée au départ, à savoir le maintien dans le Jura bernois d'une petite structure commerciale occupant une quinzaine de personnes.
Les participants à la table ronde présidée par le Conseiller d'Etat bernois Andreas Rickenbacher ont demandé des explications sur la décision de délocaliser et sur la situation de l'entreprise. La direction a une fois de plus invoqué des difficultés liées à la concurrence tendue, à la pression sur les prix et à l'impact du franc fort. «Mais nous n'avons obtenu aucun chiffre permettant d'étayer et de détailler ces affirmations», note Pierluigi Fedele.
Seul point positif, Greatbatch a accepté d'entrer en matière sur les préretraites, alors que celles-ci ne figuraient pas dans le plan social. Dès lors, Unia demande l'ouverture de discussions à ce sujet, avec les employés.

Vite, une politique industrielle !
Dans un communiqué diffusé à l'issue de la table ronde, Unia rappelle que la période de consultation n'a été qu'un simulacre. «Il s'est agi d'un semblant d'exercice démocratique qui n'a permis d'améliorer aucune prestation du plan social, imposé unilatéralement par la direction.» Unia continue de qualifier de «prise en otage» le fait que, pour bénéficier du plan social, les salariés de Greatbatch soient tenus de rester encore plus d'une année dans l'entreprise, alors que le marché de l'emploi continue à se dégrader. Le syndicat «met également en doute la réalisation effective de mesures de formation pendant cette période de production intensive et appelle le canton à surveiller de près ce point».
Pour Unia, l'affaire Greatbatch «démontre une fois de plus la nécessité de mener en Suisse une politique industrielle active face au risque de délocalisation de ce type d'emplois». Le syndicat lance ainsi un appel à participer à sa manifestation du 22 septembre à Berne, pour une place industrielle forte et créatrice d'emplois.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 34 du 22 août 2012

 
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