Ils travaillent dans un sous-sol et ne reçoivent aucun salaire
Des employés genevois ont été contraints de travailler dans le garage de leur patron, sans salaire

Mandaté par les employés d'André Maréchal SA, fournisseur d'électroménager genevois, Unia a organisé une action le 30 août afin de dénoncer leurs conditions de travail. Les locaux ayant été réquisitionnés pour les besoins du chantier du CEVA, les salariés étaient contraints de travailler dans le garage du domicile privé de leur patron, sans recevoir de salaire. Ce dernier confirme le surendettement de sa société.

Jeudi dernier, des employés du fournisseur d'électroménager genevois André Maréchal SA, soutenus par le syndicat Unia, ont mené une action devant leurs anciens locaux afin de dénoncer les conditions de travail auxquelles ils ont été dernièrement soumis.
En effet, une dizaine de travailleurs ont poussé la porte du syndicat le 10 août car aucun employé n'avait été payé pour le mois de juillet, sans compter que certains n'avaient reçu que des acomptes de salaire pour les mois de mai et juin. Une procédure de mise en demeure a immédiatement été lancée par Unia, demandant au patron de payer les salaires en retard. «Nous avons aussi proposé de le rencontrer, en vain», ajoute Anahid Pasha Khani, secrétaire syndicale à Unia Genève. «Nous avons affaire à un employeur qui ne paie pas et qui refuse de régulariser la situation de ses employés.»

«Il nous a menés en bateau»
Mais ce n'est pas tout. Les locaux de l'entreprise située aux Eaux-Vives ayant été réquisitionnés à la mi-juillet dans le cadre du chantier du CEVA, et le directeur n'ayant pas retrouvé de nouvel espace, il obligeait ses salariés à travailler au sous-sol de sa propre maison à Anières, comme si de rien n'était. L'un d'eux a accepté de témoigner. «Il n'y a eu aucune communication de la part du patron. On voyait que les bulldozers du chantier du CEVA approchaient et il nous menait en bateau depuis des mois en nous faisant croire à de nouveaux locaux tout près. Ce sont les huissiers qui nous ont finalement informés 24 heures à l'avance de notre expulsion le 17 juillet...» Les employés se sont alors chargés de déménager le matériel stocké dans des bennes et des boxes loués spécialement. L'absence de locaux et d'outils de travail complique sévèrement les conditions de travail.
«Il a d'abord installé une ligne téléphonique chez ses parents puis un serveur informatique dans le garage de sa maison. Il nous demandait de travailler depuis chez lui, normalement, alors que l'on voyait bien que la situation ne le permettait pas, que les stocks faisaient défaut. Il disait toujours qu'il était sur le coup d'un nouvel investisseur qui allait réinjecter de l'argent dans l'entreprise, mais c'était faux, il a mal géré sa boîte et maintenant il est très endetté.»

Démission d'une vingtaine d'employés
Dans ce contexte, une demande de mise en faillite auprès du Tribunal cantonal de première instance a été amorcée par le syndicat et une vingtaine des quelque trente employés ont donné leur démission vendredi. «Nous sommes très déçus, confie le témoin, nous avions un carnet de clientèle fabuleux et il a tout mis par terre à cause de sa mauvaise gestion.» En parallèle, une démarche auprès des Prud'hommes a été entamée afin de récupérer les arriérés de salaire.
Nous n'avons malheureusement pas réussi à joindre la direction, mais d'après la Tribune de Genève il semblerait que Nicolas Maréchal, l'employeur, confirme cette difficulté financière. «J'ai annoncé à la justice la situation de surendettement de l'entreprise. J'attends maintenant une décision qui permettrait de mettre les employés au bénéfice de l'assurance insolvabilité.» En outre, il assure «toujours attendre les clés» de nouveaux locaux qui devraient lui être mis à disposition par la direction du chantier du CEVA et une autre entreprise du quartier.


Manon Todesco

 

Edition n° 36 du 5 septembre 2012

 
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